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samedi 20 juin 2026

Le calendrier lunaire aurait été adopté du temps de Muhammad ﷺ ou du calife Omar ?


De nombreux intellectuels de notre époque affirment que le calendrier luni-solaire a été abandonné bien après la mort du Prophète, voire après le règne des quatre premiers califes. Les conséquences pour les musulmans qui adoptent la vision de ces intellectuels est grave puisque certains ont décidé de jeûner qu'en automne comme l'aurait fait le Prophète Muhammad.  Mais qu'en est-il exactement ?

Il y a au moins deux arguments croisés avec les données extérieures qui soutiennent l'hypothèse que le calendrier lunaire a été adopté au moins du temps du calife Omar. Il s'agit de :

1️⃣) la bataille de Yarmouk

L'universitaire Sami Bibi écrit dans son article (https://www.lescahiersdelislam.fr/La-Perversion-du-Calendrier-Musulman_a1897.html) :


"Les sources musulmanes datent son début le 12 RAJAB de l’année 15 de l’hégire, soit 13 ans environs après la bataille de Badr et 6 ans après la date présumée de l’abolition de l’intercalation. Les sources byzantino-syriaques datent son début le 20 août 636 du calendrier julien. Cela signifie que le mois de Ramadan de la quinzième année de l’hégire avait commencé le 6 octobre 636.

Force est de constater que jusqu’à la 15ème année de l’hégire, soit 6 ans après l’abolition présumée de l’intercalation, les mois du calendrier musulman étaient toujours luni-solaires."


Sauf que d'après le convertisseur de dates lunaires en calendrier julien, le 12 RAJAB de l’année 15 de l’hégire correspond au 20 août 636 comme l'ont indiqué les sources byzantino-syriaques. Si effectivement, "le mois de Ramadan de la quinzième année de l’hégire avait commencé le 6 octobre 636", cela est dû au calendrier lunaire puisque ce phénomène se produit tous les 33 ans (https://www.aly-abbara.com/utilitaires/calendrier/calendrier_hijir.html).


2️⃣) la mort de Omar

Le calife Omar est mort le 5 novembre 644 correspondant au 28 dhul Al-Hijja de l'an 23 AH où il y a eu une éclipse solaire d'après la tradition. La NASA confirme justement l'éclipse solaire à cette date là. Il y a donc une correspondance entre la date de l'éclipse solaire, le 05 novembre 644 et la date du 28 dhul Al-Hijja de l'an 23 AH donné par la tradition. Ce qui veut dire que le calendrier était lunaire puisque d'après le Convertisseur bi-directionnel - calendrier lunaire arabe Hégirien / calendrier Julien-Grégorien -, le 28 dhul Al-Hijja de l'année 23 AH correspond au 05 novembre 644 (https://www.aly-abbara.com/utilitaires/calendrier/calendrier_hijir.html).

De plus, le mois du Ramadan s'est passé 3 mois avant le mois de dhul Al-Hijja , c'est-à-dire le 12 juillet 644, d'après le convertisseur. Donc en été, pas en automne comme le voulait le calendrier luni-solaire. Le calendrier était donc bien lunaire depuis le règne du calife Omar au plus tard.


Reste à savoir si le calendrier lunaire remonte au Prophète Muhammad. Et c'est là que ça se corse. Il y a bien une date extérieure à la tradition islamique avec le cas de l'éclipse solaire qui coïncide avec le jour de la mort d'Ibrahim, fils du Prophète. Cependant, la date de la mort d'Ibrahim donné par la tradition semble erronée.




3️⃣) le calendrier au temps du Prophète était lunaire ou luni-solaire ?

Je vois deux possibilités à ce sujet :

🅰️) la date de décès du fils du Prophète Muhammad, Ibrahim 

La mort d'Ibrahim, remonterait au dix du mois de Rabi‘ al-Awwal de l’année dix (10 AH) selon la chronologie traditionnelle. Toutefois, elle est jugée faible par les critiques des hadiths (https://dorar.net/h/wnDwXRdM?osoul=1). Cette date correspond au 16 juin 631 selon le calendrier hégirien. Il y a eu une éclipse solaire ce jour là d'après les hadiths. Cependant, l'éclipse solaire s'est produit d'après la NASA le 27 janvier 632 (https://eclipse.gsfc.nasa.gov/SEsearch/SEsearchmap.php?Ecl=06320127) correspondant d'après le convertisseur au 28 Chawwal de l'année 10 AH. Il y a donc un décalage de 6 mois (31+31+30+31+30+31=184) auxquels on rajoute le mois de juin 631 (15 jours) et les 27 jours du mois de janvier 632. Ça fait 184+15+27=226 jours de décalage.

Tous les ans le calendrier lunaire compte 10,87 jours en moins par rapport au calendrier solaire.

365,25 jours du calendrier solaire 

6 mois + 15 jours + 27 jours de décalage font 226 jours dans le calendrier lunaire 

226÷10,87=20,79 ans de décalage entre le calendrier lunaire et solaire.

L'énorme écart entre le calendrier lunaire et solaire (assimilé ici au calendrier luni-solaire) implique que la séparation entre ces deux calendriers aurait été entamé à partir du 16 février 611 :

632-20,79=611,21 

611,21 correspond au 16 février 611 (0,21×12÷1=2,52 avec le chiffre 2 pour février et 0,52 pour le 16).

Est-ce un hasard si l'on constate que l'an 611 semble correspondre à la date du début de la révélation coranique selon la Tradition (612) ?

D'après mes calculs, si la date traditionnelle n'est pas erronée, ce qui est loin d'être prouvé, il se pourrait que la suppression des mois intercalaires chez les musulmans remonterait à l'époque de la révélation coranique qui débuta à La Mecque en 612, car les mois intercalaires auraient été considérés par les musulmans comme de la mécréance d'après la révélation de la sourate 9. Les musulmans auraient fait l'effort de calculer rétroactivement les événements avec le calendrier lunaire pur à partir de la révélation coranique en 612.

On sait, d'après la tradition, que le calife Omar réunit les compagnons pour fixer l'année 1 du calendrier lunaire : il fallait choisir entre la naissance du Prophète, le début de la Révélation en 612, ou l'Hégire. C'est l'Hégire (622) qui fut choisie, car elle marquait la naissance de l'État islamique à Médine. 

D'où ma question : et si l'année 1 du calendrier lunaire commence en 622 mais que le comptage des années de la révélation d'avant l'Hégire, c'est-à-dire depuis 612 qui est l'année de la révélation coranique, n'avait pas pris en compte les mois intercalaires puisque considérés par la suite comme de la mécréance ?


Mais il y a un événement qui va permettre de mieux cerner quel calendrier le Prophète suivait vers l'an 10 de l'Hégire. Mieux que cette date traditionnelle probablement erronée de la mort du fils de Muhammad au mois de Rabi‘ al-Awwal de l’année dix (10 AH). Il s'agit d'un événement qui en est très proche dans le temps : 

🅱️-1) Hujjat al-Wada‘ (le pèlerinage d'adieu) et la bataille de Yarmouk 

Le Prophète Muhammad (sws) a fait un seul Hajj d'après la tradition. Il s'agit du pèlerinage d’adieu (Hujjat al-Wada‘) qui se déroule en Dhul-Hijja 10 AH (le 12e mois). Si d'après le convertisseur de dates, Dhul-Hijja 10 AH commence du 28 février au 28 mars 632, alors le mois de Ramadan 10 AH se situe 3 mois lunaires plus tôt, c'est-à-dire du 28 novembre au 28 décembre 631. 

Cette date du mois de Ramadan commençant le 28 novembre et finissant le 28 décembre 631 (Ramadan 10 AH) est cohérent avec la partie 1️⃣) où Bibi avait conclu que le mois de Ramadan de la quinzième année de l’hégire (15 AH) avait commencé le 6 octobre 636. Pourquoi ?

Parce que l'on remarque qu'entre le 28 novembre 631, date du premier jour du mois de Ramadan 10 AH, et le 6 octobre 636, date du premier jour du mois de Ramadan 15 AH, il y a un recul du mois de Ramadan de 53 jours (28+31-6=53).

Et bien, dans le calendrier lunaire pur, en cinq ans, il est normal qu'il y ait environ 54 jours de recul par rapport au calendrier solaire (10,87×5=54). Ce qui veut dire que depuis cinq ans à partir de Dhul-Hijja 10 AH jusqu'au mois de Ramadan de la quinzième année de l’hégire (15 AH) au moins, le calendrier arabe n'a pas subi de rajout de mois intercalaire (sinon on serait à environ 54-30=24 jours de recul). Donc, on était bien passé du calendrier luni-solaire au calendrier lunaire à la fin de la mission prophétique.


🅱️-2) Hujjat al-Wada‘ (le pèlerinage d'adieu) et la date de mort du calife Omar 

Entre Ramadan 10 AH et Ramadan 23 AH, il s'écoule 13 années hégiriennes. Or une année lunaire est plus courte qu'une année solaire d'environ 10,87 jours.

La dérive théorique attendue est donc : 13 × 10,87 = 141,31 jours. Cela représente environ 4 mois et 21 jours.

Si Ramadan 10 AH a débuté le 1er décembre 631, alors Ramadan 23 AH devrait commencer vers le 10 juillet 644.

Or le convertisseur hégirien donne précisément le 12 juillet 644 pour le 1er Ramadan 23 AH. L'écart n'est que de deux jours entre la dérive théorique et la date obtenue. Cette concordance est exactement celle que l'on attendrait d'un calendrier lunaire pur fonctionnant sans mois intercalaire entre 10 AH et 23 AH.


🆎️) le dernier rajout de mois intercalaire

On sait que le mois de Ramadan 10 AH se situe du 28 novembre au 28 décembre 631 : au début de l'hiver. Il faut donc reculer entre minimum un mois et trois mois maximum pour que le mois de Ramadan retombe en automne, c'est-à-dire entre septembre (premier mois d'automne) et novembre (dernier mois d'automne). Cela implique 30 à 90 jours de décalage :

- pour 30 jours de décalage (pour que Ramadan retombe à début novembre)

30÷10,87=2,759 soit 2 ans et 9 mois. Donc mars 629 (car 1 représente 12 mois et 0,759 représente 9 mois :0,759×12=9,1) 

- pour 90 jours de décalage (pour que Ramadan tombe à début septembre) :

90÷10,87=8,2796 soit 8 ans et 3 mois. Donc 28 août 623 (car 8 représente les années et 0,2796 représente 3 mois : 0,2796×12=3,35).

Si le mois de Ramadan de l'année 10 AH ne se situait plus en automne, cela veut dire que le calendrier luni-solaire n'avait pas eu de rajout de mois intercalaire depuis au moins 2 ans et 9 mois, c'est-à-dire depuis au moins mars 629 (Dhou Al-Qi'da de l'année 7 AH) et au maximum 8 ans et 3 mois, c'est-à-dire fin août 623 (Rabi' Al-Awwal de l'année 2 AH), puisque l'automne débute en septembre pour finir fin novembre. 

Ceci implique que le dernier rajout de mois intercalaire remonte entre fin août 623 et mars 629. 

Quoiqu'il en soit cette lecture est plus solide que le développement et le calcul fait à partir de la date traditionnelle de la mort d'Ibrahim (partie 🅰️).


Conclusion :

Le changement de calendrier luni-solaire vers le calendrier lunaire s'est produit depuis au moins l'époque du calife Omar, remontant probablement depuis la fin de la mission prophétique. Si le calendrier lunaire était une totale innovation, c'est-à-dire qui ne viendrait aucunement du Prophète Muhammad, pourquoi aucun compagnon ni successeur n'a protesté contre sa mise en place à l'époque du calife Omar ?

On sait que les tueurs du calife Othman l'accusaient entre autres d'innovations religieuses comme le fait d'introduire un deuxième appel à la prière ou la standardisation du mushaf. Pourquoi aucune trace concernant le calendrier lunaire si celui-ci était une innovation ?

Une dernière remarque en guise de conclusion. Le Prophète fit une déclaration au pèlerinage d’adieu le 12e mois, Dhou Al-Hijja, de l'année 10 AH. Il semblerait que le 1er mois, Mouharram, de l'année 11 AH, était une année qui devait coïncider avec le 1er mois de Ramadan de l'année 11 AH qui aller tomber totalement en hiver si pas d'intervention humaine pour rajouter un mois intercalaire. Ceci pourrait expliquer le discours du Prophète lors de son pèlerinage d'adieu, comme pour tourner définitivement la page du Nasi' :

« Certes, le temps est revenu comme le jour où Allah a créé les cieux et la terre. L'année est composée de douze mois, dont quatre sont sacrés, trois sont à la suite : Dhoul Qa'da, Dhoul Hijjah, Mouharam et Rajab Moudar, qui est entre Joumada et Cha'ban. »





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Vous trouverez ci-dessous les liens vers mon ouvrage, qui a nécessité 13 ans de recherches avant d'être publié :

➡️ Présentation de mon ouvrage "L'histoire de Moïse et des Hébreux. D'après les données coraniques et archéologiques" :

https://jaied-hocine.blogspot.com/2023/02/lhistoire-de-moise-et-des-hebreux.html

➡️ Critiques de l'ouvrage par deux éminents spécialistes :

https://jaied-hocine.blogspot.com/2024/06/critiques-de-louvrage-lhistoire-de.html

➡️ Avis de lecteurs :

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dimanche 18 janvier 2026

De l'abolition de l'esclavage à l'obsolescence de la guerre : une finalité coranique

Le Coran 47:4, sourate médinoise tardive, prescrit la libération gratuite des prisonniers ou contre rançon une fois la guerre terminée, sans mentionner l'esclavage explicitement. D'autres versets encouragent l'affranchissement des esclaves comme œuvre de piété ou acte d'expiation (2:177, 4:92, 5:89, 9:60, 24:33, 58:3, 90:13). Son interdiction n'a pas été clairement proclamée dans le Coran à cause de la réalité du monde de l'Antiquité, où l'esclavagisme était une norme internationale et un pilier économique et social.

Les hadiths et les historiens de l'époque ancienne mentionnent quelques cas de mise en esclavage à l'époque du Prophète Muhammad, sachant que d'autres prophètes bibliques l'ont fait aussi. Sans me prononcer sur la réalité des faits relatés, je remarque que la réalité du monde et son contexte rendaient cette pratique difficilement évitable à l'époque. Cependant, des droits inédits leur ont été accordés en Islam comme l'interdiction de la maltraitance, d'après deux célèbres hadiths (sinon c'est la liberté qui lui est accordé comme compensation), ou la possibilité de racheter leur liberté, d'après le Coran 24:33 (ce verset ordonne non seulement d'accepter le rachat, mais aussi d'aider financièrement l'esclave à payer sa propre liberté).
J'ose faire un parallèle : comme je l'avais remarqué dans une précédente publication, le Coran encourage fortement les hommes à innover dans les armes défensives sans jamais inciter à innover dans les armes offensives (16:81 ; 21:80 et 34:10-11), en insistant sur la paix entre les peuples comme objectif ultime (8:61 et 49:13). Peut-être qu'à l'image de l'esclavage, dont le Coran favorisait l'extinction progressive par l'affranchissement, étape franchie lorsque l'homme devint assez mûr, les armes offensives pourraient un jour disparaître au profit de la seule légitime défense. En effet, les armes défensives visent à rendre la guerre offensive inutile et inefficace. Si la défense est parfaite, l'attaque devient obsolète. Cependant, ce passage de l'offensive à la protection pure exige un degré d'éveil et de maturité que notre civilisation n'a pas encore conquis. 







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samedi 2 janvier 2016

Le Coran (65; 4) autorise de se marier avec de très jeunes filles ?


Le Coran 65, verset 4 dit :
"Si vous avez des doutes à propos (de la période d'attente) de vos femmes qui n'espèrent plus avoir de règles, leur délai est de trois mois. De même pour celles qui n'ont pas encore de règles. Et quant à celles qui sont enceintes, leur période d'attente se terminera à leur accouchement. Quiconque craint Allah cependant, Il lui facilite les choses ."

On va mettre de côté que le mot nissa (femmes) ne s'applique jamais aux filles. On va supposer que le sens de la traduction en gras est pour celles qui n'ont jamais encore eu de règles. 

La question est de savoir à quel âge les règles commencent, et même, le plus important, à quel âge les filles avaient leurs règles au temps du Prophète Muhammad (sws).
Le rapport de l'institut national d'études démographiques (cliquez sur le lien), démontre que l'âge des premières règles est variable de filles en filles bien entendu, mais aussi dans le temps. Il indique que l'âge des premières règles en France interviennent entre 11 et 14 ans de nos jours alors qu'en Europe il était vers les 16 ans il y a deux siècles. Ceci s'explique par trois facteurs selon l'institut :
  1. l'amélioration de l'alimentation
  2. l'instruction
  3. la mode de vie moderne.
Ces trois facteurs qui induisent une diminution de l'âge des premières règles de nos jours impliquent l'inverse au temps du Prophète Muhammad en Arabie (à la Mecque et Médine), au VIIème siècle. Car de nombreux hadiths rapportent qu'ils ne mangeaient pas à leur faim et qu'il eut même des périodes de disettes. Le Prophète n'y échappa pas ; il attachait une pierre à son ventre pour diminuer la douleur de la faim.
Par ailleurs, il n'y avait pas ou très peu d'instruction et c'était en plein moyen-âge, loin de notre mode de vie moderne.

On peut donc raisonnablement en conclure qu'au temps du Prophète Muhammad l'âge des règles des filles étaient vers les 16 ans, voir au-delà, et que donc ce verset ne parle pas de mariage avec des très jeunes filles et ne l'autorise pas. On ne compare pas avec les données de la puberté actuelle, ce serait anachronique.
Enfin, Ibn Taymiyya en commentant ce verset écrit que certaines femmes deviennent majeures par l'âge sans avoir de règles (Zad ul-ma'ad 5/662).

Pour lire l'article sur l'âge d'Aïcha lors de son mariage avec le Prophète Muhammad selon entre autres Ibn Ishaq, cliquez sur ce lien : http://la-verite-sur-l-islam.blogspot.fr/2010/11/aicha-ne-pouvait-avoir-neuf-ans-lors-de.html




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jeudi 5 février 2015

Que doit faire le musulman quand des gens (comme les journalistes de Charlie Hébdo) se moquent de l'islam ?

Avant de regarder les hadiths et les Siras du Prophète Muhammad (PBSL) dont on sait qu'ils ont été mis à l'écrit de 130 à plus de 200 ans après sa mort et qu'il y en a beaucoup qui ont été inventés, le musulman normalement constitué doit se référer au Coran, parole de Dieu, inaltéré et inaltérable. Qu'est-ce qu'ordonne Dieu aux musulmans dans le Coran quand des gens insultent l'islam ?

1/ Coran (S.3 ; V.186) : « Certes vous serez éprouvés dans vos biens et vos personnes; et certes vous entendrez de la part de ceux à qui le Livre a été donné avant vous, et de la part des Associateurs, beaucoup de propos désagréables. Mais si vous êtes endurants et pieux... voilà bien la meilleure résolution à prendre. »
Sourate Médinoise, 89ème sur 114 dans l'ordre de révélation

Ce verset est descendu vers la fin de la mission du Prophète Muhammad et pourtant Dieu parle des événements qui se passeront dans le futur, alors que l'Islam était déjà puissant. Dieu dans le Coran n'ordonne pourtant pas de les exécuter. 

2/ Coran (S.4, V.140) : « Dans le Livre, il vous a déjà révélé ceci : lorsque vous entendez qu'on renie les versets (le Coran) d'Allah et qu'on s'en raille, ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu'à ce qu'ils entreprennent une autre conversation. Sinon, vous serez comme eux. Allah rassemblera, certes, les hypocrites et les mécréants, tous, dans l'Enfer.» 
Sourate Médinoise, 92ème sur 114 dans l'ordre de révélation. Révélation descendue entre la fin de la 3ème et le début de la 5ème année de l'hégire selon l'historien Mohamed Talbi (vers l'an 626).


Les détracteurs de l'islam ne pourront pas dire que ces versets sont descendus quand le Prophète et ses compagnons étaient à la Mecque faibles et peu nombreux. Les musulmans étaient au contraire forts au moment de la descente de ces deux révélations.  


mardi 27 janvier 2015

Les conclusions risibles du livre "Le Coran révélé par la Théorie des Codes", de Jean-Jacques Walter

Un livre, "Le Coran révélé par la Théorie de codes" de Jean Jacques Walter, un scientifique, est censé démontré l'origine non-divine du Coran : En usant de la théorie des codes, le scientifique arrive à conclure que le Coran a été rédigé de 620 à 847 par 30, 50 ou 100 auteurs. Selon lui, il a donc fallut plus de deux siècles (227 ans) pour des dizaines d'auteurs pour écrire le Livre Saint.

A cela nous pouvons rétorquer :

1/ Il existe un Coran, le codex Parisino-petropolitanus, dont l'estimation de son apparition varie de 670 à 720 après J.C. :

https://fr.wikipedia.org/wiki/...

2/ Plus ancien encore, un Coran a été daté récemment entre 649 et 675 (sachant que le Prophète, Paix et Bénédiction Sur Lui, est mort en 632) :

https://www.actualitte.com/edu...


3/ Le 28/03/2014, Michael Marx qui codirige avec François Déroche et Christian Robin le projet Coranica révèle qu'il existe à ce jour entre 1500 et 2000 feuillets coraniques datant du 1er siècle de l'hégire et qui sont fidèles au Coran d'Othman qui reprennent la totalité du Coran, et parmi ces feuillets il y existe un codex à Berlin quasi complet :

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4795936 (Écouter à partir de 28mn,50s.)


Donc cela prouve que Walter s'est complètement trompé avec cette théorie de l'ADT appliqué au Coran, puisque si elle peut théoriquement fonctionner pour l’œuvre humaine, elle n'est certainement pas applicable pour l’œuvre Divine ! Donc merci à ce scientifique qui démontre en vérité l'origine Divine du Coran.

Pour le prétendu nombre d'auteurs du Coran, l'auteur ne semble pas sûr de lui, 30, 50 ou une centaine d'auteurs ? C'est çà une science exacte ? Personnellement, je le vois au contraire comme une preuve supplémentaire de l'origine Divine du Coran puisque seul Dieu peut faire descendre les 114 sourates d'une si grande richesse qui fait dire aux scientifiques qu'un homme seul n'a pas pu écrire un tel Livre.

Je tiens à souligner que je n'ai pas lu le livre et cette petite analyse ne m'y encourage pas du tout !


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dimanche 22 septembre 2013

Les premières mentions du Prophète Muhammad sont tardives, pourquoi ?

Il existe des milliers de graffiti gravés sur les pierres que l'on date au début de l'islam (1er, 2ème siècle de l'hégire) en Arabie. Il s'agit des invocations à Dieu, l'affirmation de l'unicité Divine, des versets de Coran aussi, et quelques mentions des prophètes dont le prophète Muhammad (PBSL). On remarqua que l'apparition du nom de Muhammad dans les textes épigraphiques est assez tardive (vers l'an 65 de l'hégire), tandis que le plus ancien graffiti date de l'an 73 de l'hégire. Certains orientalistes en profiteront pour remettre en cause l'existence même du Prophète Muhammad.

A ceux-là on pourra faire remarquer que :

  • le Coran lui même contient 77934 mots qui ne mentionne que 4 fois le nom de Muhammad.
  • si lors des invocations des premiers musulmans gravés dans les pierres en Arabie ceux-ci n'invoquaient que Dieu sans mentionner le Prophète Muhammad cela s'explique par le fait que le Prophète lui même était d'une grande humilité et ne parlait lors de ses prêches jamais de sa personne, il ne parlait que de l'unicité de Dieu, c'était l'enseignement du monothéisme pur. En témoigne de cela les nombreux hadiths dont l'un d'entre eux faisait dire au prophète de ne pas le préférer à aucun autre prophète, même à Jonas.
  • en 2011, dans la revue REMMM, l'article "l'islam des pierres : l'expression de la foi dans les graffiti arabes des premiers siècles", Frédéric Imbert écrivait que "la plus ancienne mention du Prophète en Arabie, dans un graffiti daté, remonte à 121/738-39...". Or en 2013, dans le site Canal Académie, l'article "Graffitis islamiques du début de l'islam : nouvelles découvertes en Arabie Saoudite", pendant les questions-réponses en audio, il dit que le plus ancien graffiti date de l'an 73 de l'hégire.
  • Je constate donc qu'en l'espace de deux ans, de 2011 à 2013, on est passé de l'an 121 à l'an 73 de l'hégire, ceci grâce aux récentes découvertes épigraphiques. Des milliers d'autres graffiti attendent d'être analysés.
    Certains spécialistes ne devraient donc pas tirer des conclusions trop rapidement sur l’inexistence du Prophète de l'islam, surtout que même si effectivement il n'existait pas de mentions du Prophète avant l'année 65 de l'hégire cela ne prouverait rien du tout.




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    mardi 2 octobre 2012

    Quel sort mérite celui qui dénigre l'islam et le Prophète Muhammad ?

    C'est une question d'actualité, et du temps du Prophète Muhammad nombreux sont ceux qui le dénigraient. Il est intéressant ici de voir dans les textes de la biographie du Prophète sa réaction face aux insultes des polythéistes.
    Lors de la victoire des musulmans à la bataille de Badr, de nombreux prisonniers furent capturés. Ils furent tous libérés en échange de rançons et ils ne souffrir d'aucun mal de la part des musulmans. Cependant, parmi eux se trouvait Souhayl Ibn 'Amroû, connu pour avoir dénigré le Prophète. Omar Ibn al-Khattab voulut lui arracher les incisives afin que celui-ci ne recommence pas mais le Prophète refusa et répondit :
    "Je ne le défigurerai pas afin que je ne sois pas défiguré par Allah, même si je suis un prophète"(Livre d'Ibn Kathir, As-Sïra, p.554)
    Il interdit donc de tuer et de torturer malgré les offenses faites au Prophète de l'islam.
    Cependant, lors de la prise de la Mecque, le Prophète fit éxécuter ceux qui avaient éxcités les polythéistes pour les pousser à combattre l'islam par les armes, composant des diatribes contre le Prophète et les musulmans. S'ils furent exécutés c'était parce qu'ils excitaient les combattants ennemis à combattre le Prophète et les musulmans, ceci en temps de guerre. Ils ne furent que peu à être exécutés tandis que nombreux sont ceux qui furent graciés. (Ibn Kathir, p.745-746).
    Il y avait aussi un juif, Ka'b ibn el-Achraf, qui fut tué en l'an 3 de hégire pour avoir incité les polythéistes à combattre le Prophète (p.571 à 573). Puis, deux autres ennemis furent tués parce qu'ils ameutaient les polythéistes contre le Prophète ou organisaient des rassemblement pour attaquer les musulmans (p.656 à 658).

    A la question de savoir qu'elle comportement doit avoir le musulman face aux dénigrements du Prophète de l'islam, la réponse des musulmans devrait être juste le mépris car les chiens aboient et la caravane passe comme on dit. Pour ce qui est des meurtres d'ennemis de l'islam, c'était la guerre contre l'islam et il était normal que l'on tue des personnes qui projettent de vous tuer ou poussent les gens à le faire, la meilleure défense étant l'attaque.

    jeudi 9 juin 2011

    L'origine de l'interdiction de la Mecque et Médine aux non-musulmans

    « Ô vous qui croyez ! Les païens (polythéistes) sont une souillure. Interdisez-leur donc, à l’expiration de cette année, l’accès à la Mosquée sacrée ! Si vous craignez un manque à gagner, Dieu y pourvoira par sa grâce, s’Il veut, car Il est omniscient et sage »(Coran 9 :28)
    La Mecque fut conquise en l’an 8 de l’Hégire. Ce n’est que l’année suivante que la Ka’ba fut définitivement interdite aux  polythéistes. Mais le problème, c'est que cette interdiction c'est étendue à tous les non-musulmans à toute la Mecque et Médine à une date postérieure aux quatre premiers califes.
    Pour preuve ce récit rapporté par Muhammad Hamidullah dans son livre "Le Prophète de l'islam" à la page 830 : Omar reçut un chrétien à la Mosquée de la Mecque lors de son sermon de l’office du vendredi. Le chrétien était venu se plaindre des douaniers musulmans à la frontière et Omar lui rendit justice.  Ou ce hadith : "Le Prophète dit : Aucun polythéiste n'entrera dans cette Mosquée qui est la notre, après cette année-ci, à part les Gens du Livre et leurs domestique" (Bashâr Awwâd et col, al-Musnad al-jâmi', vol 4, n°2408, p.21).
    Ces récits montrent que la sourate 9, verset 28 parle des païens, des polythéistes. Les « gens du Livre » n’y sont pas inclus. L’interdiction de la Mecque et de Médine aux non-musulmans ( même les gens du livre) est une décision postérieure au moins au règne du calife Omar (en vérité aux 4 califes). Autant dire que cette interdiction ne repose pas sur le Coran ou les hadiths. 

    mercredi 18 mai 2011

    Marier sa fille sans son consentement est-il autorisé en Islam ?

    Le rite malikite n’est pas et ne peut être parfait, ce sont des interprétations basés sur le Coran et la sunna du prophète ainsi que l’ijtihad de nos savants musulmans. Le rite malikite est né au 8ème siècle et  le livre la risâla, rédigée au 10ème est une référence pour les fidèles musulmans  affiliés à l’école malikite. Comme tous les livres écrits par l’homme, il comporte forcément des erreurs. Il n’y a que le Coran, d’origine Divine qui ne comporte aucune erreur, il est parfait. Dans ce livre, la risâla il est écrit :
    « Le père peut marier sa fille vierge sans le consentement de celle-ci même si elle est pubère. S’il veut, il pourra la consulter » (La risâla, Editions IQRA, 1996, p.137) 
    Pourtant, le prophète a interdit de marier la fille vierge sans son consentement ; dans le sahih d’Al-Bukhari, il est écrit :

    -« La femme matrone ne peut être donnée en mariage qu’une fois consultée ; la vierge n’est non plus donnée en mariage qu’avec son consentement. Les gens demandèrent : Ô Messager d’Allah ! Comment peut-on savoir si elle est consentante ? Il dit : Son silence. »
    -« Aïcha rapporta : Je dis : Ô Messager d’Allah ! La vierge est toujours timide. Il dit : Son consentement réside dans son silence. » (La traduction des significations du Sahih Al-Bukhari, Editions DAROUSSALAM, 1999, p.967)

    Pourquoi cette contradiction ? Peut-être que le fondateur de l’école malikite, l’imam Malik ne connaissait pas ces hadiths. En effet, l’imam malik (711-795) a vécu avant l’imam Bukhari (810 - 870). Quant à savoir d’où vient ce droit de marier sa fille sans son consentement, cela vient probablement du mariage du prophète de l’islam avec Aïcha qui fut fait sans son consentement en 620, deux ans avant l’hégire. Cependant, c’était une pratique antéislamique que le prophète interdit par la suite par ces deux hadiths mentionnés plus haut. A savoir que les deux hadiths cités viennent après le mariage du prophète avec Aïcha puisqu'un des deux hadiths est rapporté par Aïcha elle même. Mais Dieu est le plus savant. 

    samedi 14 mai 2011

    Réfutation de la thèse de Mohamed Talbi sur le voile dans le Coran

    J'ai lu le livre "L'islam n'est pas voile il est culte" de Mohamed Talbi. Je tiens à apporter des arguments qui contredisent ses propos sur le voile. En effet, il dit que rien dans le Coran ne dit aux femmes de voiler leur cheveux. Citons les versets qui donnent l'ordre aux femmes de se voiler. Je précise que la traduction est de Talbi et ce qui est entre parenthèse viennent d'autres traductions :

    -Prophète ! Dis donc à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants de rapprocher sur elles mêmes une partie de leurs mantes(ou de ramener un pan de leurs voiles sur elles.). Cela permet mieux de les distinguer. Ainsi, elles ne seront pas importunées. Et sachez qu'Allah est Pardonneur et Miséricordieux ! (Coran, 33:59)
    -Dis au croyantes, de retenir leurs regard, et de préserver leur sexe : de n'exhiber de leur beauté que ce qui de coutume en apparaît ( ou à ne faire paraître de leurs charmes que ceux qui ne peuvent être cachés) ; de rabattre leurs châles (ou voile) sur leurs décolletés (ou poitrine) ; de n'exhiber leur beauté que devant leurs époux ; ou leurs fils ; ou les fils de leurs époux ; ou leurs frères ; ou les fils de leurs frères ; ou les fils de leurs sœurs ; ou leurs servantes ; ou leurs esclaves ; ou les gens de leurs maisons non sujets à suspicion parmi les hommes ; ou leurs enfants qui n'ont pas encore découvert l'intimité des femmes. Qu'elles ne claquent pas non plus des pieds pour attirer les regards sur leur beauté cachée (1). (Coran 24 : 31)

    (1)Bracelets des pieds que l'on faisait tinter en marchant. 




    Tout d'abord, je commence par l'arrière petite fille du Prophète, Sukayna. Selon Talbi, elle a retiré son voile, c’est vrai, mais quel voile ? Le voile du visage ou le voile des cheveux (qui n’existaient pas selon lui soi-disant passant p.38-39) ? Pour Muhammad Hamidullah, que Talbi cite plusieurs fois dans cet ouvrage, c’est le voile du visage qu’elle retira et qui fit scandale à cette époque parce qu’elle est l’arrière petite fille du Prophète.

    Une question, pourquoi dans la sourate 24, versets 30-31, Dieu donne deux recommandations aux hommes tandis que les femmes, et exclusivement elles, reçoivent 4 recommandations dont deux spécifiquement sur leurs tenues ?

    Le Coran 24, verset 31nous donne ceci :« de rabattre leurs châles (ou voile) sur leurs décolletés (ou poitrine) » Talbi n’insiste pas sur « Bi-khumûrihinna » qu’il traduit par châles. Il dit lui-même, « c’est le terme le plus litigieux ». Il dit qu’à l’époque ce n’était pas un foulard que l’on met sur la tête, c’est sûrement vrai mais c’est un long voile que l’on mettait sur tout le corps. La définition d’un châle est « une grande étoffe que l’on porte sur les épaules ». Toute la question est de savoir quelle étendue du corps ce châle ou voile couvrait à l’époque du Prophète Muhammad (PBSL). Talbi ne dit rien sur ce point. Admettons qu’il a raison, que ce verset ne vise aucunement la tête (cheveux). Cela voudrait dire qu’avant la descente de ce verset, les femmes musulmanes laissaient apparaître les épaules, le cou et la naissance de la poitrine comme nous donne la définition du mot décolleté, ce qui est impossible, puisque cette sourate 24 vient après la sourate 33, versets 57-61 qui donne l'ordre de cacher au moins une partie de leurs corps pour se distinguer des autres femmes : « Prophète ! Dis donc à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de rapprocher sur elles-mêmes, une partie de leurs mantes. Cela permet mieux de les distinguer. Ainsi, elles ne seront pas importunées. Et sachez qu’Allah est Pardonneur et Misericordieux ! » La question que l'on se pose est comment étaient habillées les femmes musulmanes avant la descente de la sourate 33 ? si Mohamed Talbi avait raison elles auraient été nues !? Impossible ! Avant la révélation de la sourate 33, je veux bien croire que certaines musulmanes étaient en décolletés.

    Mais la fin du verset 31 de la sourate 24 nous donne une indication :
    « Qu'elles ne claquent pas non plus des pieds pour attirer les regards sur leur beauté cachée »
    Le fait que Dieu dise aux femmes de ne pas claquer des pieds pour attirer le regard des hommes sur ce qu’elles cachent de beauté ( c'est-à-dire les bracelets des pieds qui tintaient lorsqu’elles marchaient selon les commentaires) montre que l’on ne voyait pas les jambes ni les pieds. En effet, à défaut de voir leur beauté caché de leur corps, certaines pouvaient faire du bruit en marchant, en tapant des pieds pour attirer les regards. C’est donc tout ce qui leur restait à faire pour montrer qu’elles étaient coquettes. Pourquoi Dieu insiste-t-il sur la partie du corps la moins attirante de la femme ? Sûrement parce que tout le reste était déjà couvert. Mais Dieu est le plus savant. "En même temps, lordre Divin de la sourate 24, verset 30, de baisser le regard ( s'adressant aux hommes) n'a des sens que si les femmes n'ont pas le visage voilé" nous dit un savant. 

    Les versets universels et transhistoriques et les versets 30 et 31 de la sourate 24 :
    Michel Cuypers affirme que selon les regles de la rhétorique semitique le centre de la structure concentrique temoigne de son aspect universel et transhistorique. Or, les versets 30 et 31 de la sourate 24 sont au centre d'une sous-séquence 27-33 qui est de structure concentrique. Ce qui montre l'importance que revêtent les versets 30 et 31 concernant tout du moins la pudeur des hommes et des femmes en général mais aussi la tenue des femmes qui nous intéresse ici en particulier (verset 31).

    Toutefois pour relativiser, Cuypers précise que cela indiquerait plutôt une insistance sur les règles édictées dans les versets 30-31. Il ajoute que l’opposition « centre ouvert et universel » contre « cadre plus circonstanciel », qu'il a décrit dans le Festin, n’est pas une règle absolue. "C’est un constat que j’ai fait pour certains centres de la sourate 5, mais qui n’est pas forcément généralisable." Or jusqu'à aujourd'hui tous les versets étudiés par Cuypers ( dans les sourates 5, 12 et maintenant 24 par l'un de ses étudiants) sont au centre de la structure concentrique et de ce fait sont des thèmes universels et transhistoriques jusqu'à preuve du contraire.

    Précisons enfin que si le port du voile est une obligation en islam, il ne conditionne nullement l'entrée au paradis, ni même en enfer pour celles qui ne le portent pas. Ce serait rendre le jugement de Dieu au jour de la résurrection à bien peu de chose selon moi.



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    ℹ️
    Vous trouverez ci-dessous les liens vers mon ouvrage, qui a nécessité 13 ans de recherches avant d'être publié :

    ➡️ Présentation de mon ouvrage "L'histoire de Moïse et des Hébreux. D'après les données coraniques et archéologiques" :
    https://jaied-hocine.blogspot.com/2023/02/lhistoire-de-moise-et-des-hebreux.html

    ➡️ Critiques de l'ouvrage par deux éminents spécialistes :
    https://jaied-hocine.blogspot.com/2024/06/critiques-de-louvrage-lhistoire-de.html

    ➡️ Avis de lecteurs :
    https://jaied-hocine.blogspot.com/2024/06/les-avis-critiques-de-lecteurs-de.html

    dimanche 8 mai 2011

    Le voile couvrant le visage au temps du prophète Muhammad (PBSL) et son origine

    1- Une tenue anté-islamique :

    Muhammad Hammidullah dit qu'il semblerait que durant la période pré-islamique, à la Mecque, les filles ayant atteint la puberté se voilaient jusqu'à leur mariage. Il dit aussi : "qu'il est possible que dans certaines classes de la société, en Arabie-pré-islamique, les femmes se voilaient devant les étrangers. La philologie nous en a laissé des traces : Khimar est le voile que la femme attache sur son nez ou sous les cernes des yeux. S'il se rapprochait encore de l'oeil, de sorte que les cils des yeux n'apparaissaient plus, on l'appelait waswâs. S'il descendait vers le bout du nez, c'est lifâm. S'il descendait jusqu'à la bouche, le bout du nez restant découvert, on l'appelle kithâm (qastallânî, Irchâd, III,312)" (Muhammad Hamidullah, Le Prophète de l'Islam, Edition El-Najah, 1998, p.961, tome 2)
    Ceci est confirmé par le hadith tiré du livre d'Ibn Ishaq qui est le premier biographe du prophète qui nous apprend qu'un femme musulmane se voilait le visage en l'an 3 de l'hégire, dans l'incident qui allait mener à un conflit armé contre les juifs de Banû Qaynuqâ. Hors, cet événement c'était produit avant les deux versets sur l'obligation de porter le voile (descendues vers la fin de l'an 5 de l'hégire selon Ibn Kathir). Ceci montre que le fait de se voiler le visage était une pratique anté-islamique que le prophète n'interdit pas, mais qu'il "islamisa" :
    "[...] Une femme arabe vint avec une marchandise qu'elle vendit au marché de Banu Qaynuqa. Puis elle s'assit chez un orfevre là-bas. Les gens essayaient de la faire découvrir son visage ; mais elle refusa. Alors l'orfevre saisit le bout de sa robe et le fixa à son dos, de sorte que quand elle se leva, ses parties intimes furent découvertes. Alors ils se sont moqués d'elle. Elle cria. Un musulman sauta surl'orfevre et le tua. L'orfevre était juif. Les juifs attaquèrent le musulman et le tuèrent.[...]" (Muhammad, Ibn Ishaq, p.14-15, tome2)

    Sheikh Atiyyah Saqr a dit à propos du couvre-visage (voile sur le visage) lors d'une fatwa :
    "[...]Le niqâb désigne ce que la femme porte pour cacher son visage. On le désigne aussi par burqu` et par nasîf. Cette pratique est connue chez les Juifs depuis très longtemps. Ainsi lit-on dans le livre de la Genèse, 24 : "64 Rébecca aussi leva les yeux, elle vit Isaac et sauta à bas du chameau. 65 Elle demanda au serviteur : Qui est cet homme qui vient à notre rencontre dans la campagne ? Le serviteur répondit : C’est mon maître. Alors elle prit son voile et se couvrit le visage." Cette pratique avait également cours chez les Arabes avant l’avènement de l’islam. On le désigne également par lithâm (cache-nez) mais aussi par khimâr. Le brillant poète Adh-Dhubyânî dit dans sa description d’Al-Mutajarridah, l’épouse d’An-Nu`mân Ibn Al-Mundhir, lorsque de passage dans l’assemblée des hommes, elle perdit son niqâb : Son cache-nez (nasîf) tomba, tout à fait involontairement. Elle le ramassa, se cachant de nous de la main.[...]"
    http://www.islamophile.org/spip/Le-khimar-le-niqab-et-le-hijab-que.html

    2- Voile du visage au temps du prophète Muhammad (PBSL) :

    Selon Ibn Kathir, à la fin de l'an 5 de l'hégire, le verset 59, sourate 33 (al-Ahzab) fut révélé, puis le verset 31 sourate 24 (à propos de la calomnie contre Aïcha) concernant le voile et son obligation pour les musulmanes.

    En l'an 6 de l'hégire, Aïcha fut victime de calomnie parce qu'elle se retrouva seule perdue dans le désert et qu'un compagnon du prophète la trouva et la ramena jusqu'à Muhammad (PBSL),  elle dit : " [...]Il a vu m'a silhouette. Alors il vint et s'arrêta devant moi. Il avait l'habitude de me voir, avant que le voile ne nous fut prescrit. Me voyant là enveloppée dans mes vêtements, il dit : " Nous sommes à Dieu et nous retournerons à lui ". C'est l'épouse de l'Envoyé d'Allah ![...]" ( Muhammad, Ibn Ishaq, p.244, tome2) Ce hadith implique que Aïcha se voilait le visage car sinon elle n'aurait pas dit "Il avait l'habitude de me voir, avant que le voile ne nous fut prescrit" voulant dire qu'il l'a reconnu malgré qu'elle se voilait le visage sinon la phrase n'aurait aucun sens. Je précise qu'il reconnu la morphologie de Aïcha, puisqu'elle était encore jeune et mince à cette époque là.

    Al-Boukhari rapporte que lors de la conquête de khaïbar, les musulmans capturèrent Safiyya qui deviendra l'épouse du prophète (en l'an 7) : "Les musulmans se mirent à dire alors au sujet de Safiyya : Est-elle une mère des croyants ou une concubine (esclave) ? Ils ajoutèrent : s'il la voile, elle sera une mère des croyants, et s'il la laisse telle quelle, elle est une concubine (esclave). En reprenant le chemin du retour, il la prit en croupe et étendit sur elle un voile."(As-sira, Ibn Kathir, p.692) Le prophète étendit sur elle un voile autrement dit sur tout le corps de Safiyya, sinon on aurait lu "et étendit sur sa tête un voile".


    "Le prophète a interdit à la femme de se couvrir le visage lorsqu'elle est sacralisée (pour le pélérinage) (Abu Dawud)" (Le prophète de l'islam, Hamidullah, p.961-962 tome 2). Il est bien connu que pendant le pélérinage il y a un moment, pendant la sacralisation, où il est interdit de se voiler le visage. Ceci parce que le prophète l'interdit. Selon l'avis des savant, c'est pour qu'elle soit reconnue au cas où la femme se perde dans la foule de pélérins. A contrario, ceci démontre qu'en dehors de ce moment il est permis de se voiler le visage et que c'était au moins une pratique courante parmi les musulmanes au temps du prophète.