mardi 6 décembre 2016

Les premières mosquées étaient orientées vers Jérusalem ou Petra mais pas La Mecque ?

La tradition islamique rapporte qu'au premier temps de la mission prophétique, les musulmans se dirigeaient vers Jérusalem pour prier. Ce n'est qu'en 623 que la direction de la prière changea pour La Mecque.
Patricia Crone et Cook affirment que les premières mosquées Omeyyades au début de l'islam furent dirigées vers Jérusalem et que c'est vers le 9ème siècles que la direction de la Qibla fut changée vers La Mecque, donc deux siècles après la mort du Prophète Muhammad  (sws). Dan Gibson plus récemment affirme que c'est vers Petra que pointaient ces mosquées. Pour eux La Mecque n'existait pas au 7ème siècle et ne fut créée que vers le 9ème siècles. L'islam serait donc une grande supercherie.

N'ayant pas étudié à fond la question, je me permet tout de même d'apporter le principal point faible de cette théorie qui fait que tout ceci ne tient plus :
Si la Mecque se trouvait effectivement à Petra, comment se fait-il que les musulmans à Médine changèrent l'orientation de la prière du nord vers le sud ? L'existence de la mosquée aux deux Qibla à Médine datant de 623 qui sont totalement opposées l'une de l'autre Qibla l'atteste.

Le Coran s'en fait l'écho dans la sourate 2 verset 143 :
"Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes pour que vous soyez témoins aux gens, comme le Messager sera témoin à vous. Et Nous n'avions établi la direction (Qibla) vers laquelle tu te tournais que pour savoir qui suit le Messager (Muhammad) et qui s'en retourne sur ses talons. C'était un changement difficile, mais pas pour ceux qu'Allah guide. Et ce n'est pas Allah qui vous fera perdre [la récompense de] votre foi, car Allah, certes est Compatissant et Miséricordieux pour les hommes"

Si pour leurs prières les musulmans se dirigeaient effectivement vers Petra après avoir priés vers Jérusalem, le changement de direction de la prière n'aurait pas changé le sens de la Qibla d'un pouce. Et ça n'aurait pas été un "changement difficile" (Coran 2;143), et des musulmans n'auraient pas apostasié après le changement de Qibla.

                  


Les arguments développés par l'excellent site islamic-awareness sur les orientations des premières mosquées ne corroborent pas du tout les thèses de Cook et Crone pour Jérusalem ni Gibson pour Petra. Il Suffit de regarder les images telles que celle ci-dessous. La direction de la Qibla dans les différentes mosquées (ici  Koufa en Irak) sont plus proches de la Mecque que de Petra ou Jérusalem (cliquez sur le lien ci-dessous).

http://www.islamic-awareness.org/History/Islam/Dome_Of_The_Rock/qibla.html


               

Enfin, si vers 1154 Al ldrissi réalisa la carte la plus précise de son temps (ci-dessous), alors que dire de la direction de la Qibla dans de lointaines mosquées vers l'an 700 ?
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mappemondes_anciennes#Carte_d.27Al_Idrissi_.28vers_1154.29


jeudi 17 novembre 2016

Un hâdith dénombre la mort de 40 juifs des Banû Qurayza au total ?

Au sujet du "massacre" de Banû Qurayza dont Ibn Ishaq avait chiffré jusqu'à 900 morts (sans y croire, il ne faisait que rapporter ce qui se disait), j'ai enfin trouvé le hâdith qui mentionne le nombre de tués (40 selon ce hadith), qui vient du livre d'Ibn Zanjouwieh ابن زنجويه né en 796, mort en 865, dans son "livre des biens" كتاب الأموال.

On a le livre en arabe en ligne ci-dessous. C'est le hâdith numéro 461

https://archive.org/stream/waq78848/78848#page/n297/mode/1up


Hâdith numéro 461
ثنا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ صَالِحٍ ، حَدَّثَنِي اللَّيْثُ بْنُ سَعْدٍ ، حَدَّثَنِي عُقَيْلٌ ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ ، أَنّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ” غَدَا إِلَى بَنِي قُرَيْظَةَ ، فَحَاصَرَهُمْ حَتَّى نَزَلُوا عَلَى حُكْمِ سَعْدِ بْنِ مُعَاذٍ ، فَقَضَى بِأَنْ يُقْتَلَ رِجَالُهُمْ ، وَتُقْسَمَ ذَرَارِيُّهُمْ وَأَمْوَالُهُمْ ، فَقُتِلَ مِنْهُمْ يَوْمَئِذٍ أَرْبَعُونَ رَجُلا ، إِلا عَمْرَو بْنَ سَعْدٍ ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : إِنَّهُ كَانَ يَأْمُرُ بِالْوَفَاءِ ، وَيَنْهَى عَنِ الْغَدْرِ فَلِذَلِكَ نَجَا . وَدَفَعَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الزُّبَيْرَ إِلَى ثَابِتِ بْنِ قَيْسِ بْنِ شَمَّاسٍ ، فَأَعْتَقَهُ
...

samedi 12 novembre 2016

La Chahada et son approche historique dans wikipedia

Wikipedia est devenue une source de déformation et de relais des thèses minoritaires et ridicules de l'école hypercritique. Un exemple avec l'article chahada, à partir de la section "approche historique de la chahada"

On nous dit que "Les premières chahadas connues contiennent un texte différent du texte actuel et ne mentionnent pas Mahomet. Les premières contenant le texte actuel sont gravées dans la pierre et datent de 158 à 178 de l'hégire" (la source de Wikipédia est l'article de Frederic Imbert : http://remmm.revues.org/7067#bodyftn28).
Or la première chahada connue date de l'an 71 de l'hégire et elle est complète : http://www.islamic-awareness.org/History/Islam/Inscriptions/abasa.html

Maintenant, concernant l'approche historique de la chahada qui se compose en deux parties (1- "Il n'y de dieux que Dieu" ; 2- "Muhammad est l'Envoyé de Dieu"), la première partie apparaissant avant la deuxième partie, c'est du mensonge.
Frédéric Imbert qui travaille en Arabie sur les graffiti sur pierre ne le mentionne pas. Par contre il fait mention de plusieurs chahada datant de l'an 158 à 178 de l'hégire donc tardivement et il les mentionne sans faire aucune distinction entre la première et la deuxieme partie. Et même s'il avait fait mention d'une difference historique entre ces deux parties de la chahada, cette thèse ne tiendrait pas puisque l'on a retrouvé la chahada entière bien avant ces graffiti.

Une intervention audio de Frederic Imbert :
 http://www.canalacademie.com/ida10344-Graffiti-islamiques-du-debut-de-l-islam-nouvelles-decouvertes-en-Arabie-Saoudite.html

Quant aux pièces de monnaies islamiques elles sont toutes postérieures à la pierre tombale de l'an 71 de l'hégire avec la chahada complète, voir https://www.google.fr/url?sa=t&source=web&rct=j&url=http://www.ngsa.ch/wp-content/uploads/2014/Documents/NGSA_catalogue_2014.pdf&ved=0ahUKEwjWrbGxjYrQAhUH0hoKHQMFAosQFggeMAI&usg=AFQjCNHI6jMLqGYqYYcM39wHgYV42bBc6w&sig2=l7E-1SkaCFfBQLM4r5QiQQ

vendredi 1 juillet 2016

Le monde musulman était majoritairement chrétien et juif jusqu'à quelle date ?

Contrairement à ce que l'on croit, les chrétiens et juifs étaient extrêmement majoritaires jusqu'au XIIeme siècle dans le monde musulman, voir XIIIème dans certaines régions. C'est ce qu'affirme Annliese NEF, Maître de conférences, université Panthéon-Sorbonne  (Paris 1) ainsi que tous les spécialistes.
Preuve supplémentaire de la tolérance et de l'ouverture du conquérant arabo-musulman.


 À écouter Annliese NEF lors d'une conférence à l'IMA, à partir de la 9ème mn pour ce qui nous intéresse : https://youtu.be/YyqqqARAc0w

lundi 13 juin 2016

Le Coran confirme-t-il que l'apostat subit la peine de mort ?

Il a été rapporté que le Prophete Muhammad ( sws ) aurait dit "Celui qui change de religion, tuez-le", qu'en est-il réellement ?

On sait que les hadiths, paroles et actes du Prophète Muhammad ( sws ), ont été mis à l'écrit très tardivement après la mort de celui-ci (120 à plus de 200 ans). D'où l'importance d'analyser ces hâdiths afin de vérifier leurs authenticités.

Pour invalider des hâdiths, les savants s'accordent sans aucune voix discordante qu'il suffit qu'ils contredisent le Coran. Pourquoi ?  Parce que le Coran, paroles de Dieu, est un Livre authentique et sacré dont les manuscrits les plus anciens datant de l'époque du Prophète Muhammad ( sws ) correspondent en tout point au Coran dit d'Othman que nous possédons actuellement.
Nous allons voir si non seulement le Coran interdit l'apostasie mais aussi s'il ordonne de sévir contre eux.

Voici onze versets dans l'ordre chronologique. Ils sont tous Medinois, la période qui nous intéresse :

-Sourate 2 La vache : 82ème
Verset 256 :
"Nulle contrainte en religion! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement. Donc, quiconque mécroît au Rebelle tandis qu'il croit en Allah saisit l'anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Allah est Audient et Omniscient."

Au contraire du hâdith mentionné plus haut, Dieu déclare qu'aucune contrainte ne peut être exercée dans le domaine de la religion. Ce qui signifie logiquement qu'un musulman, juif ou chrétien est libre d'apostasier.

-Sourate 3 la famille d'Imran : 89ème
Verset 72 :
"Ainsi dit une partie des gens du Livre : "Au début du jour, croyez à ce qui a été révélé aux Musulmans, mais, à la fin du jour, rejetez-le, afin qu'ils retournent (à leur ancienne religion)."

Ce verset, plus tardif, montre que des gens du Livre s'amusaient pour faire douter les croyants musulmans à entrer en islam pour apostasier le jour même sans craindre pour leurs vies.
Si le prophète avait ordonné de tuer l'apostat, aucun d'entre eux n'aurait eu l'idée de proposer à ses coreligionnaires d'entrer en islam pour apostasier le jour même.
Les versets qui suivent parlent des apostats sans évoquer la moindre représaille contre eux :
Verset 86 :

"Comment Allah guiderait-Il des gens qui n’ont plus la foi après avoir cru et témoigné que le Messager est véridique, et après que les preuves leur sont venues? Allah ne guide pas les gens injustes."

Verset 90 :
"En vérité, ceux qui ne croient plus après avoir eu la foi, et laissent augmenter encore leur mécréance, leur repentir ne sera jamais accepté. Ceux-là sont vraiment les égarés."

Verset 106 :
"Au jour où certains visages s’éclaireront, et que d’autres s’assombriront. A ceux dont les visages seront assombris (il sera dit): «avez-vous mécru après avoir eu la foi?» Eh bien, goûtez au châtiment, pour avoir renié la foi."


- Sourate 4 Nissa : 92ème, entre la fin du troisième et le début de la cinquième année de l’hégire.
Verset 115 :
"Et quiconque fait scission d'avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s'est détourné, et le brûlerons dans l'Enfer. Et quelle mauvaise destination!"

Verset 137 :
"Ceux qui ont cru, puis sont devenus mécréants, puis ont cru de nouveau, ensuite sont redevenus mécréants, et n'ont fait que croître en mécréance, Allah ne leur pardonnera pas, ni les guidera vers un chemin (droit)."

Ces deux versets sont très importants car ils montrent que vers 625 (le prophète étant mort en 632) il existait des gens qui apostasiaient de nombreuses fois librement, car Dieu dit "nous le laisserons comme il s'est détourné", sans rien craindre en retour de la part des musulmans. C'est seulement dans l'au-delà qu'ils subiront le châtiment.

- Sourate 24 La lumière : 102ème, la 5ème année de l'hégire (626).
Verset 47 :

"Et ils disent: "Nous croyons en Allah et au messager et nous obéissons". Puis après cela, une partie d’entre eux fait volte-face. Ce ne sont point ceux-là les croyants."


Verset 54 :

"Dis: «Obéissez à Allah et obéissez au messager. S’ils se détournent, ...il [le messager] n’est alors responsable que de ce dont il est chargé; et vous assumez ce dont vous êtes chargés. Et si vous lui obéissez, vous serez bien guidés». Et il n’incombe au messager que de transmettre explicitement (son message)."


Le verset 47 et 54 sont explicites, le premier parle clairement d'apostasie en affirmant qu'ils n'ont jamais été croyants. Il n'est pas donné d'ordre de sévir contre eux.

Le deuxième verset, Dieu ordonne au Prophète de demander d'obéir à Dieu et son messager. Il est évident que celui qui s'y refuse ne peut être musulman même s'il s'en revendique, et c'est le cas des hypocrites. Pourtant à ceux-là, il n'est préscrit aucune suite puisque Dieu nous dit entre autres qu' "il n'incombe au messager que de transmettre explicitement".

- Sourate 63, 104ème dans l'ordre chronologique
Verset 3 :
"C’est parce qu’en vérité ils ont cru, puis rejeté la foi. Leurs cœurs donc, ont été scellés, de sorte qu’ils ne comprennent rien."

- Sourate 5 la table servie : 112ème, vers la fin de la vie du Prophète Muhammad ( sws ).
Verset 54 :
"Ô les croyants! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion... Allah va faire venir un peuple qu'Il aime et qui L'aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier d'Allah, ne craignant le blâme d'aucun blâmeur. Telle est la grâce d'Allah. Il la donne à qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient"

Ce dernier verset qui date vers la fin de la vie du Prophète Muhammad ( sws ) n'évoque pas non plus de conséquences terrestre dans le cas où un musulman apostasierait.

Tous ces versets de tolérance envers les apostats infirment les hadiths appelant à leurs meurtres. D'autant que ce sont des versets Medinois, moment où l'islam était fort, puissant et respecté contrairement à l'époque Mecquoise. Ces hâdiths ne peuvent être qu'inventés ou déformés.

jeudi 9 juin 2016

Rompre le jeûne de ramadan dans le Coran et les hâdiths selon l'analyse de Mohamed Talbi

Que disent le Coran et les hâdiths au sujet de celui qui décide de rompre le jeûne pendant le mois de ramadan pour sa convenance personnelle (autre que la maladie ou le voyage) ?
Faut-il faire une kaffâra comme l'indiquent les hâdiths ?

Je fus frappé par les arguments avancés par Mohamed Talbi dans son livre "L'islam n'est pas voile, il est culte" quand il a traduit la Sourate 2, Verset 184 ainsi :

"Pour celui qui parmi vous est malade, ou en voyage, [ce sera] un nombre égal d'autres jours. Quant à ceux qui le SUPPORTENT, [il y aura, en plus pour eux] un dédommagement  (fidya) : la nourriture d'un indigent. Quiconque de son plein gré fait mieux, c'est mieux pour lui. Et il est bien mieux pour vous de jeûner, si vous le saviez !"
 

Pourtant les traductions (ici celle de Muhammad Hamidullah ) donnent ceci :

"Quiconque d'entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d'autres jours. Mais pour ceux qui NE POURRAIENT LE SUPPORTER (qu'avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre. Et si quelqu'un fait plus de son propre gré, c'est pour lui; mais il est mieux pour vous de jeûner; si vous saviez!"



 On remarque que les mots qui sont en lettres capitales dans les deux traductions se contredisent.
Pourtant quand on lit ce passage du Coran en arabe, on constate que Talbi a traduit fidèlement ce verset. Pourquoi donc les autres traductions donnent-elles le contraire de ce que le verset dit ?
 Pour Talbi, on a détourné le sens de
  و على الذين يطيقونه
 du verset cité pour le coller aux hadiths authentiques.

Talbi cite trois hadiths, parmi tant d'autres variantes, qu'il analyse minutieusement sur 36 pages.

Le premier hâdith est celui qui se trouve dans le Muwatta' de l'imam Malik qui dit que le Prophète (sws) ordonna à un homme qui avait rompu le jeune au cours de ramadan de faire une kaffâra : affranchir une nuque (un esclave) ; ou jeûner deux mois consécutifs ; ou nourrir 60 pauvres.
Après une critique interne et externe du hâdith, Talbi en expurge les éléments falsifiés que sont les obligations de la kaffâra puisque contredisant le verset 184 (voir l'image ci-dessous).



Le deuxième hâdith analysé est de même type et se trouve dans celui de Bukhari. Il en tire la même conclusion quant à la partie falsifiée.



Le troisième hâdith analysé, que l'on attribue à Aïcha, se trouve dans Les Sunan d'Abû Dâwûd où là aucune kaffâra n'est exigée mais juste faire une aumône. Ce dernier hâdith à été sauvé de la déformation selon Talbi puisqu'il concorde parfaitement avec le verset du Coran en question.


En effet, il n'est nul part fait mention d'affranchir une nuque, jeûner deux mois consécutifs, ou nourrir 60 pauvres dans le Coran pour chaque jour de jeûne non fait pendant le ramadan. D'autant que Dieu dit dans le verset 185 qu'il nous veut la facilité et non la difficulté.

Certains savants ont expliqué que le verset 184 est abrogé par le verset suivant.
Cette explication n'est pas convaincante tout simplement parce que l'abrogation est une théorie sans fondement selon d'autres savants.
En effet pour ces savants, la sourate 2, verset 106 (« Nous n'abrogeons aucun âya [verset], Nous n'en faisons oublier aucun sans le remplacer par un autre qui soit meilleur ou équivalent. Ne sais-tu pas que Dieu est tout puissant ? ») justifie l'abrogation des révélations antérieures (Bible), voir uniquement de certains versets de la Bible. Pour eux, il n'y a pas d'abrogation dans le Coran.
L'abrogation de certains versets par d'autres (comme par exemple "le verset de l'épée" qui abrogeait 120 versets sur la bonne prédication)  est une vision totalement fausse selon Mohamed al-Ghazalî. Tout verset peut agir sur la société à un moment donné. Il suffit de savoir quand actionner un verset, et c'est ainsi qu'on peut parler d'un Coran valable pour tous les temps et tous les lieux ("Comprendre le Coran aujourd'hui" éd. Universel,2006,p.121).
En clair, si quelqu'un se convertit à l'islam et qu'il habitué à boire l'alcool. Il lui est possible de procéder par étapes comme ce fut le cas pour les compagnons du Prophète.
Serions-nous meilleurs que les compagnons du Prophète Muhammad (sws) ?

jeudi 26 mai 2016

Historicité de l'expédition de l'éléphant par Abraha

Les nouvelles découvertes appuient-elles l'historicité de l'expédition de l'éléphant contre la Ka'ba, à la Mecque ?
Cet évènement est évoqué dans la sourate 105 ("L'éléphant") mais aussi dans la tradition islamique qui précise entre autres que c'est l'année de naissance du Prophète Muhammad (sws), donc vers 570.

En assistant à deux tables rondes dont Christian Robin était l'un des intervenants le 20 et 21/05/16 à l'Institut du Monde Arabe, j'ai eu l'opportunité de lui poser des questions dont vous pouvez écouter les réponses ici.
  
Par ailleurs, dans un article de 2012 en pdf dont le titre est "soixante-dix ans avant l'islam : L'Arabie toute entière dominée par un roi chrétien", il écrira entre autres (P.535 536) :
On s’est naturellement interrogé sur le caractère historique de
l’Expédition de l’Éléphant. Bien des données de la Tradition
présentent un caractère apologétique évident. Cependant il en est
d’autres qui sonnent assez juste : par exemple, certains récits attri-
buent la défaite d’Abraha à une épidémie ; les mêmes ou d’autres
donnent au grand-père de MuÌammad fils de ¨Abd Allah, le prophète de l’islam, un rôle ambigu. Un dernier argument en faveur de l’his-
toricité de l’Expédition de l’Éléphant réside dans le fait que la poésie
préislamique évoque l’événement avec un vocabulaire et un style
différents de ceux du Coran.
 Il ajoutera aussi (P.547) :
L’inscription Murayghan 3 ne prouve pas que l’Expédition
de l’Éléphant est historique, mais elle décrit une situation politique
qui rend une telle expédition plausible. La Mecque s’est bien
trouvée pendant un certain temps au cœur d’un territoire contrôlé
par Îimyar.
Donc comme on peut voir d'après l'article de Christian Robin, Himyar sous Abraha contrôlait en 552 la majeure partie de l'Arabie (les noms en rouge dans l'image ci-dessous). Et lorsque vers 570 il décida de détruire la Ka'ba à la Mecque pour détourner l'attention des arabes vers son sanctuaire (l'Eglise de Sanaa construite en 560), l'éléphant qui devait la détruire ne dût faire que peu de distance pour y parvenir, vue l'étendue de son royaume.


Comme on le voit, l'expédition de l'éléphant, à défaut d'avoir une preuve directe, est très probable d'après les nouvelles découvertes.