mercredi 14 mars 2012

La traduction dans le Coran (sourate Joseph) du mot ba'îr ( بعير) par chameau est-elle juste ?

Nous est raconté dans la sourate Joseph l'histoire du Prophète Joseph et de sa famille où apparaissent ces animaux, les ba'îr. Le mot ba'îr n'apparaît que dans cette sourate, sachant que dans les autres sourates on trouve Jamal pour désiner le chameau et ibl pour désigner la collectivité des chameaux. Pourquoi les traductions donnent -presque- tous chameau dans la sourate Joseph ?
Traduire ba'îr par chameau pose le problème d'anachronisme car à l'époque de Joseph les chameaux n'étaient pas encore domestiqués, ils ne le seront qu'à partir de l'époque romaine selon les spécialistes. Seul, le professeur Jacques Berque avait fait la remarque qu'il ne fallait pas traduire ba'îr par chameau. Maurice Bucaille fut le premier à relever l'anachronisme et il proposa la traduction d'animaux de trait en se basant sur le lisan, un dictionnaire d'arabe ancien qui fait référence (Maurice Bucaille, " Moïse et Pharaon", éditions séghers, p.294-298).
Pour appuyer la réfutation de Bucaille, citons l'historien et savant musulman Tabari qui dans son livre "les chroniques de Tabari" à la page 180 de la version en arabe cite Moujahid qui dit que le mot ba'îr désigne un âne :
قال مجاهد كيل بعير حمل حمار قال وهي لغة قال الحارث قال القاسم يعني مجاهد أن الحمار يقال له في بعض اللغات بعير.

Ainsi à l'époque de Joseph comme le souligne Bucaille, celui qui gouvernait l'Egypte est décrit comme un roi dans le Coran, alors que dans la Bible, il est désigné comme étant un pharaon, ce qui est anachronique car il n'y avait pas encore de Pharaons à cette époque. De même dans la Bible, la septante, il est fait mention de chameaux transportant des charges  (IIIème siècle avant J.C.) ce qui est anachronique. Dans le Coran, le mot ba'îr est à traduire par âne ou animaux de trait et non pas par chameau comme on le voit dans les traductions de nos jours. Ceci fait partie du miracle Coranique.

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