mercredi 30 décembre 2015

Enquête sur l'installation de Moïse et des Hébreux (premiers Israélites) en Palestine vers -1200

Nous allons tenter de déterminer le lieu géographique de l'installation de Moïse et des Hébreux en Palestine après les 40 ans d'errance en nous appuyant sur le Coran et les données archéologiques les plus récentes. Est-il possible de les situer géographiquement ? Nous allons démontrer que oui !
D'abord il est bon de rappeler que Moïse et les Hébreux ne sont qu'une composante minoritaire des premiers Israélites, qu'ils s'installèrent pacifiquement dans le sud de la Cisjordanie, et qu'ils firent de l'agriculture avec entre autres les nombreuses vaches qu'ils possédaient. Ensuite, contrairement à la Bible, le Coran ne dit pas que Moïse mourut pendant les 40 ans d'errance, les savants musulmans au temps d'Ibn Kathir étaient partagés entre ceux qui reprenaient ce que mentionne la Bible et ceux qui affirmaient au contraire que Moïse accompagna les Hébreux jusqu'à la Terre promise comme Dieu l'en missionna.

En étudiant le livre de l’archéologue William G. Dever, il nous parait évident, bien que ce livre soit indispensable pour connaitre des détails sur les premiers Israélites, que cette œuvre n’est pas suffisante pour un tel projet. En effet, nous soupçonnions que Moïse et les 12 tribus Hébreux se sont installés dans les collines des monts de Judée à cause de nombreux indices. Il nous a donc fallu faire des recherches et des analyses dans cette région précise.
Au sujet du livre de Dever, nous avons remarqué des erreurs et contradictions qui nous ont empêchés de mener à bien l’enquête :
-         un plan erroné des monts de Judée sur le nombre de sites existants au Bronze récent et au Fer I rendant inexploitable son analyse. Il est donc vain de faire une quelconque interprétation, et encore moins de conclusion. Voir l’illustration 64 de la page 235 de son livre.
-         D’après le tableau 6.1 de la page 108, la région des monts de Judée indique qu’il y avait 7 sites du Bronze récent. Alors qu’à la page 235, Avi Ofer (un archéologue) donne 6 sites du Bronze récent. De même pour les sites de Fer I, le même tableau de la page 108 donne 18 sites au Fer I, tandis qu’à la page 235 Ofer donne 17-18 sites.
Ce livre n’étant que la traduction de l’anglais, nous espérions trouver dans la version anglaise au moins l’illustration 64 sans les erreurs. C’était peine perdue.
Bref, tout cela nous semblait assez confus lorsque l’on cherchait des précisions sur les monts de Judée. C’est pourquoi nous devions trouver les informations à la source même, en particulier la publication d’Avi Ofer, un archéologue qui dirigea les prospections de la région des collines des monts de Judée en 1980 et qui ont été publiées en 1994.
Il n’a pas fallu chercher bien loin puisque son compte rendu est disponible sur internet en anglais :
http://www.nelc.ucla.edu/Faculty/Mullins_flies/ANE230_State_Formation_files/Ofer_All_Hill_Country_Judah.pdf

La région des monts de Judée
Les chiffres correspondent aux nombres de kilomètres.




Deux cartes nous intéressent particulièrement ; la figure 1 qui représente le nombre de sites qui existait au « late bronze age II » (-1400 à -1200) que l’on appellera l’âge du Bronze récent, et la figure 2 représentant ceux du Iron age I (-1100 à -1000) que l’on appellera l’âge de Fer I :


Figure 1 : L’âge du Bronze récent









Figure 2 : L’âge du Fer I 


Que constate-on ? Les monts de Judée au Bronze récent, ne comptaient que 6 sites, dont Hébron et Khibert Rabûd. Et à l’âge de Fer I,  on constate qu’ils sont au nombre de 18. Il y a donc une différence de 12 sites qui sont apparus entre -1200 et -1100 (On verra dans un autre article que Moïse et les Hébreux s’installèrent probablement entre -1190 et -1175).
Douze sites nouvellement créés au Fer I ? Isolés et assez proches les uns des autres. Aurait-on trouvé là les douze tribus Hébreux ?
Malheureusement ça n'est pas aussi simple que ça,  puisque lorsque l’on passe de la carte du Bronze récent à la carte du Fer I, vers le site Kh. Rabud (à droite de la carte), on remarque que 3 sites du Bronze récent disparaissent pour que 3 autres sites apparaissent à peine un peu plus loin. Donc, à y regarder d’un peu plus près on constate que 15 sites sont créés au Fer I dans les monts de Judée. 3 sites du Bronze récent qui disparaissent pour que 3 autres sites apparaissent au Fer I dans d’autres lieux assez proche.  Est-ce une coïncidence ?
Deux possibilités :
-         Ces 3 sites du Bronze récent sont les mêmes populations que ceux du Fer I (des descendants). C’est-à-dire qu’ils ont tout simplement changé de lieux d’habitations. Dans ce cas, vers -1100 nous avons 12 nouveaux venus dans tous les monts de Judée.
-         Les 3 sites du Bronze récent ont disparus car leurs populations sont parties dans d’autres endroits que les monts de Judée. Trois autres sites apparaissent au Fer I pas loin des emplacements du Bronze récent. Donc 15 sites créés au Fer I, 12 au nord et 3 au sud des monts de Judée.
Quoi qu’il en soit, on constate qu’il y a beaucoup de concordances entre les faits archéologiques et les récits coraniques :
La première des concordances étant qu’il y a 12 sites créés au Fer I dans le nord des monts de Judée, entre Hébron et Jérusalem que l’on pourrait identifier aux Hébreux qui ont fui l’Egypte. D’autant que selon Avi Ofer la superficie du « Northern central range », là où justement se trouvent 8 des 12 nouveaux sites (les autres étant juste à côté), il y a une large concentration de sources dans les zones de Wadi  el-‘Arrub et Wadi el-Biyar (peut-être les 12 sources parmi elles ?). On remarque aussi que ces 12 sites sont assez proche les uns des autres (voir figure 3), dans une surface de 15 Km² maximum.



Figure 3


Autre détail troublant, le Coran nous dit qu’avant de faire de l’agriculture (Sourate 2, Verset 67-71), dans les lieux que nous venons de situer dans la carte avec les 12 sites créés au Fer I, Moïse et les Hébreux entrèrent et s’installèrent pacifiquement pendant un moment dans un village (Sourate 7, Verset 161) qui ne peut être qu’Hébron selon nous. Pourquoi ? Hébron est la seule ville de la région suffisamment grande pour pouvoir contenir la population des 12 sites apparus au Fer I que nous avons identifié aux 12 tribus Hébreux. En effet, les archives d’Amarna la « désignent comme la principale, voire l’unique, cité-Etat de la région. » (Dever, p.235). Selon Dever, Hébron faisait ente 5 et 10 hectares (p.199, 200 et 235). On sait que pendant l’âge du Bronze récent le centre urbain d’Hébron avait été abandonné, ne subsistants que de petites colonies (Avi Ofer, p.118). L’archéologie n’a toutefois révélée aucun témoignage pour pouvoir confirmer ou infirmer un passage des premiers israélites à Hébron vers -1200 (p.65).
Tous ces sites au Fer I sont de petits villages, vivant de dry-farming et d’élevage (p .235). Ils plantaient entre autres des variétés de légumes (p.112 et 120) comme l’indique le Coran (S.2, V.66). Parmi les ossements d’animaux retrouvés dans les villages du Fer I, des Ovins et caprins, des os de bœufs et d’ânes, ces animaux de trait et de bât (p.120). On sait que les enfants d’Israël  durent probablement vivre comme les nomades pendant les 40 années d’errance sur terre (Sourate 5, Verset 26), adoptant leur mode de vie en acquérant des ovins et caprins. On sait aussi qu’ils possédaient de nombreux bœufs pour travailler la terre après l’installation en Terre promise (S.2, V.67-71).

Khirbert Rabûd, la deuxième plus grande cité des monts de Judée ne faisait qu’un hectare de superficie, ce qui revient à une capacité d’accueil approximative de 187 personnes selon les méthodes de calcul des archéologues. Il n’est pas envisageable que les enfants d’Israël s’y installèrent puisqu’ils furent très probablement bien plus nombreux. Ce chiffre de 187 personnes maximum d’Hébreux vivants dans la cité semble en effet bien en dessous de la réalité. Car avec ce nombre nous arrivons à 16 personnes par tribu (Ils étaient divisés en 12 tribus) ; il est peu probable que le Coran nomme tribus formant autant de communautés (Sourate 7, Verset 160) un nombre d’Hébreux par tribus si peu élevé.

Quand ils voulurent descendre des monts de Judée (et pas forcément d’Hébron) pour aller dans une ville encore habitée (ville qui existait déjà au Bronze récent) pour acheter de quoi planter des légumes (S.2, V61), ils allèrent sans aucun doute dans la région de Shephelah, probablement à la grande ville de Gézer qui faisait une quinzaine d’hectares (p.72). Cette ville se trouve à 42 kilomètres de la ville d’Hébron. Dans la région de Shephelah, les montagnes s’abaissent vers la plaine côtière, les collines n’y dépassant pas 400 mètres. Les terres  de Shephelah sont particulièrement fertiles ; la terre, enrichie par les pluies et par les alluvions des montagnes, ce qui la rend très propice à l’agriculture céréalière (terre sainte p.1563). Gézer fut sous domination égyptienne et se trouve en bas des hauteurs des monts de Judée (terre sainte p.1586-1587), comme l’indique le Coran (Sourate 2, verset 61) lorsque Moïse donna l’ordre aux enfants d’Israël de descendre en Egypte pour acheter de quoi faire de l’agriculture. Pour cela, il fallait une ville assez grande pour les enfants d’Israël. C’est donc probablement à Gézer qu’ils se rendirent.

Par ailleurs, les monts de Judée (70 Km de long pour environ 20 Km de large)  ont les altitudes les plus élevées de toute la Palestine, et le mont Halhul (à 5 km au nord d’Hébron) atteint le summum avec 1026 mètres. Il nous semble plus que probable que l'endroit où s’installèrent Moïse et les Hébreux, et d'où le prophète frappa le rocher pour en faire sortir 12 sources se situe dans cette région des monts de Judée. En effet, pour parler avec Dieu, Moïse avait l’habitude de monter en haut des montagnes comme le mont Sinaï. On imagine donc aisément que le prophète Moïse décida de s’installer près des endroits les plus élevés de Palestine.




De plus, comme nous l’avons vu dans un article précédent, rien n’indique dans le Coran que les Hébreux s’installèrent en Terre promise en la conquérant, bien au contraire l’installation était pacifique conformément aux découvertes archéologiques (p.132 et 81).

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