samedi 29 janvier 2011

Le prophète Moïse a-t-il massacré les hébreux dans l'islam ?

Le massacre des hébreux sous l'ordre de Dieu ne fait pas de doute dans la Bible alors que le Coran le laisse entendre. C'est l'exégèse Coranique qui affirme qu'il y a eut massacre.
  « Et lorsque Moïse dit à son peuple : Ô mon peuple, Vous vous êtes fait du tort à vous-mêmes en adoptant le culte du Veau. Repentez-vous donc à votre Créateur, entretuez-vous (ou donnez-vous la mort selon les traductions), ceci est meilleur pour vous auprès de votre Créateur qui vous a pardonné. Car il est Plein de mansuétude et de clémence.» (Sourate 2, Verset 54)

Rien dans le Coran ne permet d'affirmer que Moïse massacra les hébreux pour avoir adoré le veau en dehors de Dieu, sauf ce passage du Coran ; les exégètes du Coran soutiennent que la Sourate 2, verset 54 est à interpréter dans le sens du massacre en précisant que l'ordre ou le conseil de Moïse fut mis à exécution. Mais il semble que cette affirmation se base sur les israiliyat, les récits des Gens du Livre (Juifs et chrétiens) puisqu'il n'existe pas de hadiths remontant au Prophète Muhammad parlant de massacre ordonné par Dieu. Par ailleurs, les traductions de ce verset donnent en général : « donnez-vous la mort » alors qu'il est possible de lui donner un sens figuré qui serait : « combattez vos âmes ». L'interprétation unanimement admise s’appuie certainement à l’origine sur la Bible qui dit que Moïse fit égorger 3000 hommes de son peuple choisis au hasard (Exode, Chapitre 32, Verset 27-28). Aussi, il faut dire que même si Moïse demanda effectivement aux hébreux de s'entretuer, rien ne dit que les hébreux suivirent le conseil ou l'ordre de Moïse car d'abord le Coran ne donne pas la suite de l'histoire, ensuite l'image que nous donne le Coran de ces hébreux est l'image de personnes qui ne font qu'à leurs têtes. 
En étudiant le récit Coranique, il est donc permis de se poser des questions quant à la réalité de ce massacre (ainsi qu'au nombre d'hébreux massacrés), ceci pour plusieurs raisons :


·      Dieu fit le reproche à Moïse d’avoir hâté sa rencontre auprès de lui. Ainsi, Dieu trouve des excuses aux enfants d’Israël (ils n’étaient pas préparés à une telle absence de Moïse) et explique pourquoi Il leur a pardonné (Sourate 20, verset 83-85 ; Sourate 2, Verset 51-52).
·      Dans ce verset 54, Dieu leur pardonna (fa-taba ‘alaïkom) avant même que les enfants d’Israël ne fassent l’effort demandé par Moïse de s'entretuer, ce qui est contradictoire.
·         Le Samaritain, qui fait partie des enfants d’Israël, est l’inventeur du veau qu’il disait être Dieu, l’instigateur de son adoration, pourtant Moïse le laissa partir sain et sauf (non mentionné dans la Bible).
·         Après l’adoration du veau, Dieu leur pardonna afin qu’ils soient reconnaissants : « Mais, malgré cela, Nous vous avons accordé Notre pardon, peut-être serez-vous reconnaissant» (S.2, V52). Ce verset ne s’adresse qu’à ceux qui ont adoré le veau, Dieu leur pardonnant, afin de les voir manifester leur reconnaissance.
·         Le fait que les enfants d’Israël dirent : « Ô Moïse ! Nous ne croirons pas à ta mission que le jour où nous verrons Dieu face à face » (sourate 2, versets 55-56) après l’épisode de l’adoration du veau et le massacre des hébreux sous l’ordre de Moïse montre qu’ils ne le prirent pas au sérieux. A partir du moment où ils ne le prirent pas au sérieux, comment expliquer qu'ils acceptèrent de s'entretuer pour avoir adoré un veau ?
·        Ibn Kathir (mort en 923 après J.C.) rapporte de ce verset dans son interprétation du Coran qu’ils furent 70 000 personnes égorgées sans préciser qui le rapporte. En cherchant un peu, on trouve que la source vient sûrement de l’historien et traditionniste Mohammed Ibn Jarir Al-TABARI mort en 224 de l’hégire (838-839 après J.C.). Le livre que nous disposons ne nous donne qu’une seule version des faits, la version abrégée par un perse, Abou Ali Mohammad (vers 963 après J.C.), étant la seule version qui nous reste de Tabari. Il est intéressant d’étudier plus en détails cette version afin de savoir quel était leur nombre : L’armée d’Israël lors de la fuite était de 620 000 cavaliers, en exceptant les gens de pieds, les femmes, les enfants et les vieillards (p.164). Cependant nous avons un autre ordre de grandeur plus loin, Dieu ordonne que les  12 000 hommes qui n’ont pas adoré le veau tuent par l’épée plus de 400 000 hommes qui l’ont adoré (p.174). Pendant le massacre, Dieu fit miséricorde au peuple d’Israël, il ordonna d’arrêter l’effusion de sang. Résultat : 70 000 morts (p.175). Il reste donc  plus de 342 000 hommes. En comptant les femmes nous avons plus de 742 000 hébreux (sans compter les enfants) qui partiront un jour s’installer dans un village vide d’habitant et mangeront des produits de sa terre (Sourate 7, verset 161)… Le problème c’est que dans tout Canaan, il n’existait pas de villes et encore moins de villages capables d’accueillir tant de personnes, ni de jardins assez grands pour les nourrir. Les grandes villes ne dépassaient pas les quelques milliers d’habitants. De plus, ce nombre d'hébreux entre en contradiction avec un hadith sahih de Bukhari qui donne le nombre armé de Saül (Talut, à peu près 2 siècles après l'installation des hébreux et de Moïse en Palestine) lors de la traversée d'une rivière de 300 hommes. L'armée initiale de Saül devaît donc avoisiner les quelques milliers d'hommes vu le petit nombre qui ne but pas de l'eau d'après le Coran ("ils en burent tous sauf un petit nombre d'entre eux", Sourate 2, verset 249. Le petit nombre correspondant à 300 hommes, c'est eux qui purent rester avec Saül pour combattre Goliath). Comme le nombre ne pouvait être aussi élevé, (Pour s’installer dans un village, les hébreux ne pouvaient dépasser quelques milliers tout au plus), cela implique que toute l’histoire du massacre est peut-être faux. Par ailleurs l’archéologie a démontrée  que les hébreux ne pouvaient être aussi nombreux à s’installer en Palestine ; Les premiers Israélites se sont installés de manière continue sur une longue période à partir de -1200 dans toute la Cisjordanie. L’estimatif des premiers israélites sur plus de 500 sites est de 50 000 personnes sur toute la Cisjordanie au XIIIème siècle (sur tout le siècle) selon les archéologues (p.109). Cela revient à 100 personnes par sites. Il sera démontré par ailleurs dans un autre post que parmi eux se trouvaient les 12 tribus des enfants d’Israël, et qu’ils ne pouvaient dépasser les 1500 individus.
Ajoutons que les récits de Tabari comportent d’autres invraisemblances comme l’armée de Pharaon qui comptait cinq millions de cavaliers et un million sept cent mille chevaux (p.165) alors que les archéologues estiment à 2 800 000 le nombre d’habitants en Egypte à cette époque. Ou le règne du Pharaon de l'Exode qui dura 400 ans (p.168). Ou encore La taille du peuple des géants que devaient affronter les enfants d’Israël en Palestine qui était de 20 coudées, dont l’un deux faisait 800 coudées de leurs coudées (p.183). Ce dernier point a été repris dans l’interprétation du Coran d’Ibn Kathir, à la Sourate 5, Verset 22 qui dit dans son livre "L'authentique des récits des Prophètes" que ce sont "des récits hasardeux et faux rejetés par la raison et les Textes" ou "n'est pas authentique" ou encore "nullement authentique". De toute évidence ce sont des récits d'origines bibliques  (les fameux israïliyat) , voir Nombre XIII, 33 ; Deutéronome, IX, 2 ; Amos II, 11.
Enfin pour finir citons l'exégèse du Coran récent d'Al Azhar, al montakhab, où le verset 54 est interprété dans le sens du djhiad an-nafs, le combat intérieur.

mercredi 26 janvier 2011

Preuves scientifiques et Coraniques démontrant que Mérenptah (Mineptah) est probablement le pharaon de l’Exode

                    1.      Mérenptah, le probable Pharaon de l’Exode :

                        
"[...] Aujourd’hui, Nous allons épargner ton corps afin que tu serves d’exemple à tes successeurs, bien que la plupart des hommes restent indifférents à Nos signes !" (Sourate 10 ; Verset 91-92).

                                 Momie du Pharaon Mineptah         

Plusieurs raisons font que Mérenptah (Mineptah) est très probablement le pharaon de l’exode :

A.      La Date de l’Exode des hébreux déduit de l’apparition des premiers israélites et la date de la mort de Mérenptah sont concordant

Pour que ces premiers Israélites soient les hébreux de l’Exode dont le prophète Moïse emmena de l’Egypte vers la Palestine, il faut que quelque temps avant leur sédentarisation règne le pharaon de l’Exode mort en les poursuivants (la mort de Pharaon ne fait pas de doute dans le Coran contrairement à la Bible), cette date doit correspondre à la date de l’Exode des hébreux.
Nous savons par les découvertes archéologiques que les premiers Israélites se sont sédentarisés vers -1200 à Canaan. Par contre, le Coran dit que les hébreux ont avant de s’installer en Palestine errés sur terre pendant 40 ans pour avoir refusés de combattre un « peuple redoutable » en Palestine. En soustrayant les 40 ans d’errance sur terre, nous pouvons situer l’Exode, la fuite d’Egypte vers -1240. Or, les dates relevées à Canaan via la technique du carbone 14 tournent autour de -1200 avec une marge d’erreur de 50 ans selon les experts (p.107), plus l’objet est ancien et plus la marge s’accroît. En prenant en compte les marges d’erreurs, l’installation en Palestine se situe donc entre -1225 et -1175, et l’Exode (la fuite de l’Egypte) 40 ans avant, c'est-à-dire entre -1265 et -1215.
C’est donc entre -1265 et -1215 que serait mort le Pharaon de l’Exode en poursuivant les hébreux, nous dit le Coran.
Parmi les trois pharaons qui moururent à cette fourchette de date on trouve le pharaon Mérenptah qui régna approximativement de -1213 à -1203 (la fin de son règne correspondant à la mort du pharaon) selon J.Malek, I.Shaw, J.von Beckerath.
Cependant les archéologues divergent sur le règne de Mérenptah ; selon eux, Mineptah régna de -1237 à -1226 selon Redford, -1224 à -1214 selon Gardiner et Kinnaer, -1223 à - 1211 selon Parker,-1224 à -1204 selon Hornung, -1213 à -1204 selon Helck et Kithen, -1212 à-1202 selon Grimal et Wente, -1212 à -1201 selon Dodson. La dernière année de règne de Mérenptah correspondant à sa mort selon les archéologues se situerait  donc entre -1226 et -1201.

En superposant la date théorique de l’Exode déduit de l’apparition des premiers israélites en Palestine (entre -1265 et -1215) et les estimations des archéologues de la fin de règne de Mérenptah (entre -1226 et -1201), on arrive à avoir une date plus précise de la mort du pharaon de l’Exode, Mérenptah , qui correspond à la date de l’Exode; la date de l’Exode correspondant à la mort du pharaon de l’Exode se situe donc entre -1226 et -1215.

Nous en concluons que la date de l’installation pacifique en Palestine de Moïse et des hébreux s’effectua 40 ans après la fuite de l’Egypte, c'est-à-dire entre -1186 et -1175. Il est probable qu’ils furent les 1ers des premiers israélites à s’installer en Cisjordanie. Les autres qui s’installèrent dans le nord de la Cisjordanie, les shosou, suivirent Moïse en croyant en son message et ayant le même Dieu. La preuve vient des documents égyptiens sur le «YHW [du] pays des shosou » (voirchapitre I, partie 2- L’origine nomade) et des très nombreux autres points communs (dix) entre eux qui a fait que les archéologues n’ont jamais pu faire la distinction entre les uns et les autres.

La campagne militaire de Mérenptah mentionnée sur la stèle de ce pharaon se déroula selon les archéologues en l’an V de son règne, soit vers -1207 selon Grimal, Wente Dodson, -1208 selon Helck et Kithen, -1218 selon Parker, J.Malek, I.Shaw et  J.von Beckerath,  -1219 selon Hornung, -1232 selon Redford. Il y a donc une marge de 25 ans entre ces spécialistes, de  -1232 à -1207. Le pharaon étant mort selon le Coran en poursuivant les hébreux dans leur fuite vers la terre promise,  la campagne militaire de Mérenptah, s’il est bien le pharaon de l’Exode en question, ne put se produire qu’avant sa mort que l’on vient de situer entre -1226 et -1215. Il ne put donc se produire qu’entre -1232 et -1217. -1217 et non -1215 car dans le Coran (Sourate 7, verset 130), il est écrit que Moïse resta plusieurs années (sans plus de précision, donc un minimum de 2 ans.) en Egypte pour exhorter Pharaon avant de fuir avec les hébreux. Ce qui veut dire que pendant ce laps de temps Mérenptah n’a pu faire sa campagne militaire. Rappelons tout de même que cette campagne n’a pas pu être attestée archéologiquement.


B.      Les analyses médicales des momies


                                          Mineptah
En 1974, pour déterminer les raisons de la mort des pharaons égyptiens dont Ramsès II et Mérenptah, des recherchent débutèrent sous la direction de Maurice Bucaille avec la collaboration de spécialistes égyptiens puis une dizaine d'autres spécialistes français de diverses disciplines médicales. Le médecin légiste Michel Durignon, assistant à l'époque du professeur F. Ceccaldi était directeur du laboratoire de l'identité judiciaire à Paris. Ce dernier leur donna ses précieux avis sur le sujet. Les résultats furent communiqués à plusieurs centres spécialisés dont l'académie de médecine et à la Société française de médecine légale. Maurice Bucaille présenta les résultats définitifs de ses recherches dans son livre «Les Momies des Pharaons et la médecine »[]. Il reçut pour son travail un prix d’histoire de l’Académie française (prix Diane Poitier-Boès de l’Académie française en 1988, médaille d’argent) et un prix général de l’Académie de médecine (lauréat du prix Jean-François Coste pour des travaux ou des ouvrages d'histoire de la médecine, en 1991). Les techniques modernes d’analyses utilisées sur les pharaons furent jusqu’à nos jours les plus modernes jamais utilisés (p.131-132).
Ainsi, pour Ramsès II furent utilisées des techniques d’explorations radiologiques et endoscopiques, investigations dans le domaine dentaire, recherches microscopiques, médico-légales, etc. L'utilisation de films radiologiques de très haute sensibilité permis de révéler l'existence d'une très grave lésion de la mâchoire, une ostéite étendue du maxillaire inférieure d'origine dentaire selon lui. Maurice Bucaille en conclut que ces lésions ont probablement été mortelles à condition que le roi n’ait pas eu d'autres maladies graves non décelées à cause de l'impossibilité d'examiner les organes du thorax (comme le poumon) qui furent enlevés lors de la momification. Il conclut que Ramsès II ne pouvait être le pharaon de l’Exode puisqu’il mourut dans d'affreuses souffrances qui entraînèrent une incapacité physique totale, ce qui l’empêcha de poursuivre les hébreux (p.132).
Pour Mérenptah, Maurice Bucaille constata avec les spécialistes de médecine légale qu'il fut mort victime de traumatismes multiples de grandes violences. Il reçu des chocs en plusieurs parties du corps : paroi de l'abdomen en arrière, thorax en avant où une zone fut enfoncée, enfoncement de la voûte du crâne qui fut très rapidement mortelle, ainsi  que de nombreuses lésions sur le côté droit du corps. Il souligne que les radiographies ne montrant aucun éclatement à distance autour des lésions suggéraient leur survenue du vivant de ce dernier, alors que des chocs subis après la momification auraient été à l'origine de ruptures de plusieurs tissus voisins. La fracture à fragments multiples de son avant-bras sous l'effet d'un choc violent montrait qu'elle ne pouvait s'être produite de son vivant, mais après la momification. Il souligne que lorsqu’il soumit ses conclusions devant la société française de médecine légale en avril 1976, personne ne fit d’objection. Par ailleurs, en 1975 en collaboration avec le Professeur Michel Durignon fut effectué le prélèvement d'un tissu musculaire, ils constatèrent en l'examinant à Paris la parfaite conservation de très fin détails anatomique du muscle, ce qui démontre selon Maurice Bucaille que Mérenptah fut momifié rapidement après sa mort (p.213-215). Par ailleurs, le momie de Mérenptah comporte une couche excessive de sel, Bucaille concluant que le corps fut imbibé de sel marin avant momification (voir livre de Mohamad Messen, "La Perle et la braise", p.512, livre en ligne sur google Books)


C.      Crise de succession après la mort de Mérenptah


A la mort de Mérenptah, l’héritier légitime du trône était Séthi II, son fils. Le tout récent pharaon fut dépossédé de son royaume par Amenmès à peine quelque mois après son avènement. L’« usurpateur » possédait le contrôle de la Haute-Egypte et de la Nubie, reléguant l’influence de Séthi II à la capitale dynastique Pi-Ramsès et à une partie de la Basse-Égypte. Amenmès se fit couronner à Karnak et contrôla la majorité du pays.

La mort de Mérenptah ouvra donc une grave crise de succession. Le pays fut coupé en deux, gouverné par deux pharaons qui se faisaient une  guerre sans merci. Ce qui est certain c’est qu’une grande confusion régna pendant à peu prés quatre ans pendant lesquels régna Amenmes, ouvrant la voie à l’anarchie. Il fut considéré par la suite comme un usurpateur. Ces faits s’expliquent  par la mort soudaine et violente de Mineptah, attestée par les analyses médicales de Maurice Bucaille, qui n’a probablement pas eu le temps de  préparer sa succession. Dans ces conditions, la mort de Mineptah dans les eaux en poursuivant les hébreux,  comme indiqué dans le Coran, expliquerait la crise de succession que connut l’Egypte. 
La sourate 44, verset 28 nous indique que le Pharaon de l'exode ne pouvait être Ramsès II  puisque après la mort de Ramsès II le pouvoir revint à Mineptah, son fils. Par contre lorsque Mérenptah mourut c'est un autre, qui normalement ne pouvait y prétendre, qui pris le pouvoir ou du moins le disputa pendant 4 ans avant qu'il ne revienne à la famille légitime : 

 (S.44. v.23) « Pars de nuit, avec mes serviteurs, lui fut-il révélé, mais vous serez poursuivis !
(S.44. v.24) Laisse la mer béante telle que tu l’auras franchie. Tes poursuivants y seront engloutis. »
(S.44. v.25) Combien de jardins et de sources n’ont-ils pas laissés !
(S.44. v.26) Que de belles plantations et de magnifiques demeures !
(S.44. v.27) Que de bien-être dont ils savouraient les délices sans soucis !
 (S.44. v.28) Tel fut leur destin. Tout cela passa entre les mains d’un autre peuple.

 Il est probable qu'Amenmès contrôlait une armée d'un autre peuple, mais l'archéologie ne peut le confirmer.
D.     Les cinq concordances  principales de la thèse de Bucaille entre la Bible et l’histoire


Bucaille, en étudiant la Bible et l'histoire arrive à la conclusion que Mérenptah est probablement le pharaon de l'Exode. Il extrait dans son livre "Moïse et Pharaon" cinq concordances principales entre la Bible et les faits historiques résumés dans un tableau à la p.217 de son livre.





2.      Des recherches en cours 
Deux autres recherches archéologiques sont en cours et pourraient désigner définitivement le Pharaon de l’Exode

A.      Datation au carbone 14

Pour la première fois, des physiciens sont parvenus à dater précisément l'ensemble des règnes des pharaons par la technique de la datation au carbone 14.  Les premiers résultats furent publiés dans la revue science du 10 juin 2010. Ce sont des chercheurs de laboratoires internationaux qui ont collecté auprès de nombreux musées européens et américains 211 échantillons d’objets égyptiens. Des paniers, graines, textiles, plantes et fruits attribués archéologiquement à un règne ou une période égyptienne précise, ont été datés au carbone 14.
 Ces recherches en cours apportent une diminution des marges, des divergences entre archéologues quant aux règnes des pharaons. Malheureusement cette nouvelle procédure n’a pas encore donné les résultats que nous attendons pour le Nouvel Empire en général, et pour le Pharaon Mérenptah en particulier.
« Pour la première fois, la datation au carbone 14 est suffisamment précise pour établir une chronologie absolue», souligne Bronk Ramsey, de l'université d'Oxford, le principal auteur de l'étude.




B.      Hâmân

Le Coran le mentionne six fois  (S. 28, V. 6,8 et 38 ; S.29, V. 39 ; S.40, V. 24 et 36). Hâmân était le maître des bâtisseurs et fut proche de Pharaon  qui lui dit lors de la confrontation avec Moïse :
·         «  Hâmân, construis-moi une tour. Peut-être atteindrai-je les voies des sphères célestes, de façon à voir le Dieu de Moïse, car je soupçonne celui-ci d’être un menteur ! » (s. 40, v. 36-37).

·         « Et toi, Hâmân , fais-moi cuire des briques et construis-moi une tour pour que je monte jusqu’au Dieu de Moïse ! » (Sourate 40, Verset 36).
Maurice Bucaille affirme : « Le nom [de Hâmân] tel qu’il est écrit en arabe dans le Coran, est une translittération exacte d’un nom de personne dont on connaît aujourd’hui l’orthographe hiéroglyphique. ». Celui-ci se trouve dans le Dictionnaire des noms de personnes du Nouvel Empire de l’Allemand Ranke où on y trouve le personnage avec la translittération exacte, et la profession de ce  notable : « Chef des ouvriers des carrières » (Moïse et Pharaon, Les Hébreux en Egypte, Editions Seghers, 1995, p. 321). Or, une carrière est un endroit d'où sont extraits des matériaux de construction tels que les pierres et le sable, ce qui est rigoureusement conforme à la Sourate 40 du Verset 36, lorsque Pharaon ordonne à Hâmân de faire cuire des briques pour construire une tour.
Selon lui encore, l’allemand Ranke signale que le nom de Hâmân ainsi que sa profession figurait sur une stèle dans un musée de Vienne en Autriche (p.322-323). Ce personnage ne figure pas dans la Bible dit-il.
Les découvertes archéologiques de l’Egypte ancienne étant ininterrompues, il n’est pas exclu qu’un jour on parvienne à mettre le nom du Pharaon auquel Hâmân était au service. 

samedi 22 janvier 2011

L'histoire de Moïse et des hébreux dans le Coran (partie 2)

Avertissement : Cette partie de l'histoire de Moïse diffère du récit traditionnelle qui est admise par l'ensemble des savants musulmans. La majorité des savants du temps d'Ibn Kathir soutenant que Moïse est mort pendant les 40 années d'errance. Seule une minorité parmi eux soutiennent que Moïse guida les enfants d'israël à la Terre promise après les 40 ans d'errance. Cette histoire soutient que c'est bien Moïse qui acompagna les enfant d'israël en Palestine et ceci grâce aux nouvelles découvertes archéologiques.

La sortie d’Egypte
 Après la délivrance des hébreux et la destruction de pharaon et de son armée qui moururent noyés (Sourate 26, Versets 63-66 ; Sourate 10, Versets 90-92), Dieu s’adresse aux hébreux par l’intermédiaire de Moïse. Il leur donna rendez-vous au flanc droit du mont Sinaï et a fait pleuvoir à leur intention la manne et la caille (Sourate 20, Versets 78-81).

1.      La tentation du veau d’or 

Après avoir traversé la mer, les enfants d’Israël passèrent devant un peuple qui adorait des idoles et dirent à Moïse de leur faire un dieu semblable aux leurs. Le culte de ces gens les conduits à la ruine et tout ce qu’ils font est sans valeur leur répondit Moïse, les traitant d’insensés (Sourate 7, verset 138-139)
Arrivés sur le versant droit du mont Sinaï (Sourate 20, verset 80), Moïse partit pendant 40 nuits à la rencontre de Dieu pendant lesquelles les enfants d’Israël se faisaient du tort en adorant le veau en or (Sourate 2, Verset 51 ; sourate 20, verset 88).
Il demanda à voir Dieu (Sourate 7, verset 147)
Dieu fit le reproche à Moïse d’avoir hâté sa rencontre auprès de Lui, alors que pendant ce temps les hébreux ont été livrés à la tentation, le Samaritain les égarant (Sourate 20, verset 83-85 ; Sourate 2, Verset 51). En effet selon Ibn 'Abbas l'adoration du veau eut lieu après la fuite d'Egypte et avant qu'ils n'arrivent à la Terre sainte.
Lorsque le veau tomba des mains des enfants d’Israël et qu’ils virent qu’ils se sont égarés ils regrettèrent leur acte et dirent « si Notre Seigneur ne nous fait pas miséricorde et ne nous pardonne pas, nous serons du nombre des perdants » (Sourate 7, verset 149)
Malgré cela, Dieu leur pardonna afin qu’ils éprouvent de la reconnaissance (Sourate 2, Verset 52).
Furieux et triste, Moïse qui avait avec lui les Tables des commandements (S.7, V.145 ; S.2, V53) retourna après une absence de 40 jours faire des reproches à son peuple (S. 20, V. 86 et S.7, V.142) et à son frère Aaron. Celui-ci lui répliqua qu’il a craint qu’il l’accuse d’avoir jeté la discorde entre les enfants d’Israël alors qu’ils faillirent le tuer lorsqu’il avait essayé de les faire revenir au vrai Dieu (s.20, v.92-94 ; s.7, v.150 ; s.20, v.90-91). Sur ce, Moïse demanda pardon à Dieu pour lui et son frère (Sourate 7, verset 151).
Moïse expulsa le Samaritain en lui disant de regarder son dieu détruit par le feu et jeté dans les flots (Sourate 20, Verset 97).
Ensuite, Moïse dit à son peuple : « […] Ô mon peuple, Vous vous êtes fait du tort à vous-mêmes en adoptant le culte du Veau. Repentez-vous donc à votre Créateur, entretuez-vous, ceci est meilleur pour vous auprès de votre Créateur qui vous a pardonné. Car il est Plein de mansuétude et de clémence » (Sourate 2, Verset 54).
Après que la colère de Moïse fut apaisée, il reprit les Tables qui constituent une direction et une grâce pour ceux qui craignent le Seigneur (Sourate 7, verset 154). Il commença sûrement à enseigner aux enfants d’Israël le contenu des textes des Tables, cependant les enfants d’Israël dirent : « Ô Moïse ! Nous ne croirons pas à ta mission que le jour où nous verrons Dieu face à face ». La foudre s’abattit sur eux les tuants. Puis Dieu les rappela à la vie afin de les voir reconnaissants (sourate 2, versets 55-56).
 Moïse choisit 70 hommes parmi les enfants d’Israël pour aller rencontrer Dieu (Sourate 7, verset 155). Selon certains éxégètes, c’est pour se repentir de leur acte, et pour qu’ils demandent pardon pour ceux qui sont restés en arrière.
Sur le chemin, un cataclysme les atteignit. Moïse invoqua Dieu en  sa faveur et celle de son peuple, demandant son pardon afin de ne pas les faire périr à cause de l’acte des sots (Sourate 7, verset 155).
Dieu répondit que son châtiment tombera sur qui il veut, mais Sa miséricorde qui embrasse toute chose est destinée à ceux qui le craignent, font l’aumône et croient en Ses signes (Sourate 7, versets 155-156).
A propos de la Sourate 2, verset 54 toutes les interprétations disent qu'il y a eut massacre de ceux qui ont adorés le veau, les traductions donnant "punissez de mort les coupables vous-même". Ces interprétations viennent certainement de la Bible qui dit que Moïse fit égorger 3000 hommes de son peuple choisis au hasard (Exode, Chapitre 32, Verset 27-28). A savoir qu'il n'existe pas de hadith remontant au Prophète Muhammad sur la confirmation ou non de ce massacre.

2.      Les refus des enfants d’Israël de combattre et les 40 années d’errance

Moïse rappelle les bienfaits de Dieu sur les hébreux qui a fait d’eux des prophètes et des rois (Sourate 5, verset 20).
Le prophète des hébreux leur demande d’entrer dans la Terre sainte que Dieu leur a destinée, et de ne pas tourné le dos à l’ennemi  sous peine de perte (Sourate 5, Verset 21).
Ce à quoi ils répondent qu’ils refusent d’y entrer car s’y trouve un « peuple redoutable », et qu’ils n’occuperont cet endroit que lorsqu’ils seront sortis (Sourate 5, Verset 22).
Ibn Kathir, dans son livre "L'authentique des récits des Prophètes" à la page 116-117, rapporte que de nombreux exégètes ont rapporté des récits hasardeux et faux rejettés par la raison et les Textes, et il donne l'exemple sur le fait qu'ils étaient immenses et terrifiants. Il dit que ce ne sont là que des stupidités et des légendes qui n'ont aucun fondement.
Deux hommes essayèrent vainement de convaincre leur peuple qu’ils leurs suffisaient de forcer la porte de la ville pour remporter la victoire (Sourate 5, Verset 23).
Les hébreux, qui restèrent sur leur position, répliquèrent à Moïse qu’ils n’y entreront jamais tant que le peuple qu’ils doivent affronter y seront, et allèrent jusqu’à lui dire d’aller combattre lui et son Dieu tandis qu’ils resteront à leur place (Sourate 5, Verset 24).
Sur ce, Moïse invoqua Dieu contre son peuple, hormis son frère qui suit ses ordres (Sourate 5, Verset 25).
« Le Seigneur répondit : « Cette terre leur sera interdite pour quarante ans aux fils d’Israël. Et durant tout ce temps, ils erreront sur terre. Cesse donc de t’alarmer pour ce peuple pervers ! » » (Sourate 5, Verset 26).
Le Coran ne précise pas ce qu’ont fait les enfants d’Israël pendant ces 40 années d’errance. Un passage Coranique qui fut de tout temps énigmatique indique que Moïse partit un jour vers le « confluent des deux mers ».

Où étaient les enfants d’Israël pendant ces quarante années d’errance ?
Pendant ces 40 années d’errance sur terre, Moïse part un jour vers le « confluent des deux mers » (S.18, V.60-82), en Irak, pour apprendre plus de science. Qu’est-ce qui nous permet de l’affirmer ? Le Coran seul ne permet pas d’apporter de réponse.
Il existe un hadith authentique dans le Sahih al Bukhari (Livre de la connaissance, N°122) qui dit qu’un jour le prophète Moïse prononça un discours à l’attention des enfants d’Israël. On lui demanda qui est le plus savant sur terre. Moïse répondit que c’est lui. Dieu lui fit le reproche d’avoir répondu sans avoir connaissance de la réalité et lui apprend qu’il se trouve un homme plus savant que lui. Moïse entreprend donc de se rendre à cette personne avec son valet pour apprendre de lui une part de sagesse. L’homme en question (son nom est al-Khidr) se trouvera là où Moïse perdra le poisson pendant son voyage lui dit Dieu. Moïse prit donc le poisson lors de son départ pour son voyage vers « le confluent des deux mers ». On trouve la suite, en complément et en détaillé, dans le Coran de la rencontre de Moïse et celui auprès de qui il voulait apprendre la science (S.18, V.60-82).
Où se trouve « le confluent des deux mers » (S.18, V.60) ? Maurice Bucaille dans son livre Moïse et Pharaon suggère qu’il ne peut s’agir que de l’embouchure entre le fleuve de l’Euphrate et celui du Tigre, en Irak que l’on nomme le Chatt-el-Arab.  Il débute à la confluence des deux fleuves (mers dans le Coran), au niveau d’une ville nommée Al-Qurnah, à environ 100km au nord-ouest de Bassorah.
Ainsi, le voyage de Moïse n’a pu se passer que pendant les 40 années d’errance des hébreux sur terre à cause du fait que Moïse était accompagné des enfants d’Israël d’une part et qu’ils se trouvaient vers l’Irak à ce moment là. En effet, le fait de voyager une longue distance (sans indication de durée) avec le poisson jusqu’à ressentir une faim qui oblige à envisager de le manger montre bien que le point de départ de Moïse, là ou il laissa les hébreux, ne pouvait être très éloigné du « confluent des deux mers ». D’autant que le poisson en question au bout d’un certain nombre de jours pourrit.  C’est pourquoi les hébreux se situaient probablement en Irak,  et plus exactement à proximité d’un des deux fleuves (Tigre et Euphrate) ou du Golfe Persique à cause de la possession du poisson au moment du départ. Bucaille suggéra que Moïse fit ce voyage pendant son exil, mais ceci est contredit par le hadith authentique de Bukhari.


Quelle était leur mode de vie ?
Le Coran ne mentionne pas de quoi vivaient les hébreux en compagnie de Moïse pendant ces 40 années d’errance. On peut raisonnablement penser qu’ils avaient adopté la vie des nomades et qu’ils acquérir comme eux des caprins et des ovins, animaux indispensables pour la survie dans le désert.


3.      Le retour et l’installation définitive en Palestine des enfants d’Israël 
 Après ces quarante années, ils revinrent en Palestine pour s’y installer. Comme ils avaient refusés de combattre la première fois, Dieu leur donna un village vide d’habitants (peut-être abandonné), ils y trouvèrent de la nourriture :
 (Sourate 7, verset 161) Et lorsqu’on leur dit : « Habitez [installez-vous dans] ce  village et mangez, partout  où vous voudrez, des produits qu’elle vous offre. Dites seulement : « Seigneur, pardonne-nous ! » et franchissez en vous prosternant la porte de la ville ! Nous vous absoudrons de vos péchés et donnerons encore davantage aux plus vertueux d’entre vous ! ».
Une remarque s’impose : On trouve des différences avec la Sourate 2, Verset 58 ou Dieu leur ordonne d’entrer (et non de s’installer) dans ce village et le mot produit est remplacé par fruits.

Dans ce village il n’y avait pas d’eau, puisqu’au verset suivant Moïse demanda à Dieu d’étancher la soif de son peuple. Ce à quoi Dieu dit à Moïse de frapper de son bâton un rocher d’où douze sources jaillirent :
(Sourate 2, Verset 60) Souvenez-vous quand Moïse demanda de l’eau pour son peuple assoiffé. Nous lui dîmes : « Frappe le rocher de ton bâton. » Aussitôt douze sources en jaillirent et chacune des douze tribus sut exactement où elle devait boire. « Mangez, buvez des dons que Dieu vous octroyés, mais ne semez pas le désordre sur terre ! »
 (Sourate 7, verset 160) Nous répartîmes les fils d’Israël en douze tribus formant autant de nations. Lorsque le peuple de Moïse, assoiffé, lui demanda à boire, il lui fut révélé : « Frappe le rocher de ton bâton. » Aussitôt douze sources en jaillirent ; et chaque  tribu sut où elle devait se désaltérer. Et Nous étendîmes sur eux l’ombre d’un nuage et fîmes descendre sur eux la manne et la caille. « Mangez de ces purs aliments, don de votre Seigneur. » Ils ne furent point, en vérité, injustes envers Nous : Ils se firent tort à eux-mêmes.
Ibn Kathir cite ces passages du Coran où naissent les 12 sources pendant les 40 ans d'errance dans le desert. Cependant, Moïse leur dit de descendre dans n'importe quelle ville pour avoir ce qu'ils demandent (S.2, V61), ce qui prouve qu'ils étaient en hauteur probablement d'une montagne. 
Nous apprenons à la sourate suivante que les hébreux qui en avaient assez de manger la même nourriture (la manne et la caille) demandèrent à Moïse d’invoquer Dieu pour qu’il fasse pousser pour eux des variétés de légumes. Ce à quoi Moïse répondit que ces nourritures sont moins bonnes que celle qui vient de Dieu. Il leur dit de descendre en Egypte (ou dans n’importe quelle ville selon d’autres interprétations) pour trouver ce qu’ils souhaitent. Dieu les punis par l’humiliation et l’indigence :
 (S.2, V61) Souvenez-vous du jour où vous avez dit à Moïse : « Nous en avons assez de manger une seule et même nourriture ; prie ton Maître pour qu’il fasse pousser pour nous, entre autres légumes, des concombres, de l’ail, des lentilles et des oignons. » « Echangerez-vous donc, répondit Moïse, ce qui est meilleur contre ce qui est moins bon ? Eh bien, descendez en Egypte [ou dans une ville quelconque], vous y trouverez, certes, ce que vous souhaitez. » Dès lors, ils furent frappés d’humiliation et d’indigence ; et la colère de Dieu s’abattit sur eux pour n’avoir pas voulu croire à Ses signes et pour avoir tué injustement Ses prophètes. Telles furent les suites de leur transgression et de leur désobéissance. »
La Sourate 2, Versets 67-71 qui suivent indiques qu’un certain temps après leur installation, très probablement prés des 12 sources, ils acquirent de nombreuses vaches par la grâce de Dieu pour travailler la terre. Moïse leur ordonna un jour de sacrifier la meilleure d’entre elles. Celle qui n’était pas assujettie aux labours, ni à l’arrosage des champs, et qui n’avait aucune infirmité ni tache sur la robe. Ils finirent par immoler la vache, non sans hésitation.
Ce qui est certain, c’est qu’archéologiquement 11 villages furent créés de toutes pièces. Pour la 12ème il subsiste un doute ; la 12ème tribu a-t-elle  créée son propre village près d’une des 12 sources ou est-elle restée dans la cité abandonnée dont l’une des sources passait peut-être prés d’elle ?
Mais d’abord, est-il possible de situer géographiquement l’endroit de l’installation des hébreux dans cette cité abandonnée ?



Emplacement géographique du prophète Moïse et des enfants d’Israël
En alignant toutes les indications Coraniques, riches en détails, sur l’installation des hébreux dans la cité abandonnée, nous allons tenté de situer son emplacement géographique :

·         Données Coraniques en détails 

  •   La sourate 7, verset 161 indique qu’ils s’installèrent dans un village inhabité disposant d’une porte d’entrée principale et de jardin puisque de nombreux fruits et/ou produits y avaient poussés.
  •   La sourate 2, verset 60  indique que sur ce lieu, il n’y avait nulle eau. Moïse frappa de son bâton un rocher d’où jaillirent douze sources.
  •   La sourate 2, verset 61 indique que se trouvait une cité habitée proche de la cité abandonnée (qui est l’emplacement des enfants d’Israël), en descendant de cette montagne, où l’on pouvait trouver des variétés de légumes pour l’agriculture.
  •   La Sourate 2, Versets 67-71 indique qu’ils devinrent par la suite des agriculteurs et acquérir de nombreuses vaches. Moïse leur ordonna un jour de sacrifier celle qui était non assujettie aux labours, ni à l’arrosage des champs.
  • La Sourate 7, Verset 160 indique que les enfants d'Israël étaient divisés en 12 tribus formant autant de communautés.

·          Données archéologiques sur les Monts de Judée 
En examinant la page 234-236 et l’illustration 64 du livre de l’archéologue William G. Dever (Aux origines d’Israël, Quand la Bible dit vrai, Bayard, 2005), on est frappé par les nombreuses similitudes entre les faits archéologiques et les récits Coraniques.
D’après l’archéologue, c’est Avi Ofer qui dirigea dans les années 1980 les prospections israéliennes dans les collines judéennes.
Il ne découvrit que six sites du Bronze récent dont quelques vestiges à Hébron que les archives d’Amarna désignent comme probablement l’unique cité-Etat de la région. Khirbert Rabûd, qui se trouve à 13,30 km au sud-ouest d’Hébron, était le seul autre site important du Bronze récent, mais n’occupait qu’un hectare selon lui.
Les archéologues ont pu déterminer qu’à la fin du Bronze récent, début Fer I (-1200) la cité d’Hébron n’était pas habitée puisque qu’au Fer I s’y installèrent pacifiquement les premiers israélites (p.235, illustration 64).
Conclusion sur le lieu exact de l’installation des hébreux
Il est certain que les hébreux s’installèrent à Hébron (voir illustration 1), la seule ville de la région (sud de la Cisjordanie) suffisamment grande pouvoir contenir Moïse et les hébreux. D’après William G. Dever, l’archéologie confirme que le site d’Hébron était abandonné avant l’installation pacifique d’israélites vers la fin du XIIIème siècle. Ces premiers israélites étant les  enfants d’Israël emmenés par Moïse.
Quand ils voulurent descendre d'Hébron pour aller dans une autre ville encore habitée (ville qui existait déjà au Bronze récent) pour acheter de quoi planter des légumes, ils allèrent probablement à la grande ville de Gézer qui faisait une quinzaine d’hectares (p.72). Cette ville se trouve dans la région de Shephelah où les montagnes s’abaissent vers la plaine côtière, les collines n’y dépassant pas 400m. Les terres  de Shephélah sont particulièrement fertiles ; la terre, enrichi par les pluies et par les alluvions des montagnes la rende très propice à l’agriculture céréalière (terre sainte p.1563). Gézer fut sous domination égyptienne et se trouve en bas des hauteurs de Hébron et de la Cisjordanie (terre sainte p.1586-1587), comme indique la Coran (Sourate 2, verset 61) lorsque Moïse donna l’ordre aux enfants d’Israël de descendre en Egypte pour acheter de quoi faire de l’agriculture. Pour cela, il fallait une ville assez grande pour les enfants d’Israël. C’est donc probablement à Gézer qu’ils se rendirent.    
Khirbert Rabûd, la deuxième plus grande cité des monts de Judée ne faisait qu’un hectare de superficie, ce qui revient à une capacité d’accueil approximative de 187 personnes selon les méthodes de calcul des archéologues. Il n’est pas envisageable que les enfants d’Israël y achetèrent de quoi faire de l’agriculture car trop petite, ni ne s’y installèrent puisqu’ils furent très probablement bien plus nombreux. Ce chiffre de 187 personnes maximum d’hébreux vivants dans la cité semble en effet bien en dessous de la réalité. Car avec ce nombre nous arrivons à 16 personnes par tribu (Ils étaient divisés en 12 tribus) ; il est peu probable que le Coran nomme tribus formant autant de communautés (Sourate 7, Verset 160) un nombre d’hébreux par tribus si peu élevé.
Illustration 1


Nombre de sites ou tribus à partir de -1200
a)      A la page 108, Finkelstein et Na’aman donnent 7 sites aux Bronze récent (- 1500 à - 1200) et 18 sites entre -1100 et -1000. Ce qui implique qu’il eut 11 sites créés.
b)      Pour Avi Ofer, à la page 235, il y avait 6 sites du Bronze récent (entre -1500 et -1200) au Fer I, et 17-18 sites au Fer I (entre -1200 et -1000), donc 11-12 sites créés au Fer I (entre -1200 et -1000).
Cependant il avait un doute sur un site qui faisait 10 hectares puisqu’il écrit : « Au Fer I, cependant, le nombre des sites se montait à 17-18, couvrant un total de quelque 15-25 hectares, abritant, d’après les critères démographiques habituels, une population d’environ 3000 à 4500 habitants. » Ce qui veut dire que pour 17 sites, il y avait 15 hectares et pour 18 sites 25 hectares. Donc le 18ème site avait une superficie de 10 hectares à lui tout seul. Ce site ne peut-être que Hébron le seul de tout le sud de la Cisjordanie qui pouvait être aussi grand. Il ne savait donc pas si ce site avait été abandonné ou pas au Fer I.
Donc deux possibilités d’interprétations s’imposent :
·         Si 11 sites furent créés ceci implique que lorsque Moïse fit apparaître 12 sources en frappant un rocher, 11 des 12 tribus s’installèrent près des 11 sources sur des terrains fertiles. La 12ème tribu est restée dans la cité abandonnée, Hébron, qui serait probablement proche de la 12ème source.
·         Si 12 sites furent créés ceci implique que lorsque Moïse fit apparaître 12 sources en frappant un rocher, les 12 tribus s’installèrent près des 12 sources sur des terrains fertiles. Ils abandonnèrent donc tous la cité, Hébron, où ils étaient installés.

Détail important, les 11-12 sites créés vers -1200 n’ont connus aucun nouveau venu entre -1200 et -1000 selon Ofer.  Le nombre d’habitants total pour les 17-18 sites de 15-25 hectares, à l’apogée (-1000) se situait entre 3000 et 4500 habitants (p. 235), ce qui veut dire que les 12 sites ou tribus hébreux étaient bien moindre à leur arrivée, vers -1200. Ces 12 sites sont de tous de petits villages, vivant de dry-farming et d’élevage. On sait que les enfants d’Israël durent probablement vivre comme les nomades pendant les 40 années d’errance sur terre (Sourate 5, Verset 26), adoptant leur mode de vie en acquérant des ovins et caprins.


Les sources d'eau en Cisjordanie de nos jours (297 en tout)
Il sera démontré dans le chapitre « Mérenptah, le probable pharaon de l’Exode » que Moïse et les hébreux s’installèrent entre -1186 et -1175 dans la cité abandonnée.


Nombre d’hébreux 

Nous savons maintenant que les  hébreux s’installèrent pacifiquement à Hébron, un très grande cité dont la superficie se situe entre 5 et 10 hectares (p.200).
Nous savons aussi que 15-25 hectares correspondaient à 3000-4500 habitants selon les méthodes de calcul des archéologues pour les 17-18 villages. Donc le 18ème village faisait 10 hectares à lui tout seul. Ce village ne peut-être que Hébron, la seule cité capable de faire autant de superficie, puisque Khirbert Rabûd qui était la deuxième plus grande cité des monts de Judée après Hébron ne faisait qu’un hectare de superficie. On en déduit que pour une superficie d’Hébron de 10 hectares, le nombre maximum d’hébreux à s’y installer était de 1500 personnes.
Aussi, selon les données archéologiques (p.108), au XIème siècle avant notre ère il y avait 1250 habitants dans les monts de Judée, ce qui veut dire qu'ils étaient encore moins nombreux au XIII ème siècle avant notre ère. Ceci implique que les hébreux étaient moins de 1250 personnes. En utilisant un autre raisonnement, l'historien André Lemaire arrive à la conclusion que les hébreux étaient entre quelques centaines à un millier environ ( voir wikipedia).
La sourate 26, verset 53-54 confirme ces chiffres : "Pharaon dépécha des envoyés dans toutes les villes pour proclamer : Ils ne sont en fait qu'une bande peu nombreuse".

Pour voir le tableau de comparatif entre archéologie et Coran (points communs) cliquez ICI.